Antonio Marras : une traversée éclectique et élégante

Milan, 23 février 2018 (AFP) - Antonio Marras a fait tanguer la fashion week vendredi à Milan. Connu pour ses collaborations avec le théâtre et le cinéma, le styliste sarde a convié l'assistance à bord du transatlantique de son ancêtre John Marras, pour un voyage imaginaire faisant écho aux migrations d'aujourd'hui.


Le défilé automne-hiver 2018/19 - AFP / Marco BERTORELLO

Une histoire racontée dans le petit livret distribué pendant le show et savamment mise en scène sur le podium, des acteurs et des danseurs ponctuant de leurs prestations le passage des mannequins sur fond de notes de piano interprétées en direct.

Ecrite par l'épouse du styliste, cette traversée imaginaire vers le Nouveau Monde était dédiée par Antonio Marras à un aïeul (imaginaire lui aussi ?), John Marras.

Mais le créateur sarde ne s'en cache pas, elle était aussi pour lui un moyen d'évoquer de façon allégorique les migrants d'aujourd'hui.

"En première classe, des hommes d'affaires élégants et des comtesses embijoutées, en seconde des commerçants et des femmes rêvant de rejoindre le tendre aimé et en troisième, douleur et désarroi", raconte le designer.

Beaucoup de patchwork dans cette collection où les vestes d'hommes en pied de poules, prince de galles ou jacquard et les robes sont rehaussées de dentelles, de bijoux, de perles, de tulle.

Tout est impeccable, rigoureux et élégant, pour ces voyageurs en partance pour des destinations et des rêves nouveaux.

Cavalli et la 'Surridge touch'

En ce troisième jour de présentation des collections automne-hiver, l'anglais Paul Surridge a ajouté sa touche personnelle au répertoire de la maison transalpine Roberto Cavalli, pour son deuxième défilé en tant que directeur de création de la griffe.

L'opulence sexy et bohème laisse ici place à une relecture plus sophistiquée et atténuée des codes de la maison. "La collection interroge la notion de glamour moderne et ce que cela signifie pour moi", a déclaré à l'AFP le styliste en coulisses après le défilé.

"La confiance en soi est pour moi la clé de l'attitude sexy et glamour, mais pour cela il faut aussi se sentir confortable dans ses vêtements. Sans ce confort, on risque de devenir vulgaire. La collection est donc légère, élastique, elle s'adapte aux corps des femmes et des hommes".

On retrouve les imprimés animaux chers à la maison, mais dans des tons bleus nuits ou pourpre. Les robes sont près du corps, ajourées sans tomber dans la vulgarité et avec un twist urbain.

"Le dégradé, autre élément clé du vocabulaire de Roberto Cavalli, est ici inspiré des couleurs du verre de Murano", a précisé Paul Surridge.

Par Isabelle Sciamma

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