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Etienne Ménéguz (CVC) : « Les clients qui viennent à nous sont des déçus de l’Espagne et de l’Italie »

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30 mars 2017

En décembre, le groupe Vivarte revendait la Compagnie Vosgienne de la Chaussure à l’allemand Hanse Industriekapital. A l’occasion du salon Made in France Première Vision, son directeur général, Etienne Ménéguz, explique à FashionNetwork les défis attendant cette structure de 147 personnes qui entend passer du mass market aux pièces haut de gamme.

CVC


FashionNetwork : Comment s’effectue la transition vers Hanse Industriekapital ?

Etienne Ménéguz : Cela se passe très bien, car c’est une holding industrielle et pas un fonds qui aurait vocation à revendre des entreprises. Sur les entreprises rachetées depuis dix ans, elle n’en a pas revendu une seule. Elle mène en général toujours des rachats de société en plein retournement économique. Nous, notre gros changement va être de passer d’un modèle économique mass market pour un client unique qu’était Vivarte à un positionnement haut de gamme luxe pour un portefeuille multimarque

FNW : Allez-vous procéder par étapes ?

EM : On est aujourd’hui en pleine recherche de nouveaux clients. Nous avons un programme dégressif avec Vivarte, qui ne nous lâche pas d’un seul coup. Nous avons ainsi une commande de 300 000 paires cette année, 200 000 l’an prochain et 100 000 l’année suivante. De fait, en compensation, il nous faut de nouveaux donneurs d’ordres et partenariats. Nous avons en outre un projet d’acquisition de licences, qui est encore en négociation avec des marques. Ainsi que la possibilité de directement racheter une marque.

FNW : Quelle est aujourd’hui votre activité ?

EM : Nous avons l’usine la plus moderne de France sur ce type de fabrication parce que la totalité a été rénovée en 2006. Nous étions au départ sur les pièces femme. Les pièces sans talon représentent 40 % de la production, contre 20-30 % pour les talons. Le reste repose sur une brique que nous avons ajoutée à notre savoir-faire : les sneakers et le running. Car le sport est aujourd’hui un axe très important dans le développement du marché de la chaussure. On commence par exemple aujourd’hui à travailler avec Le Coq Sportif sur des projets très ambitieux. Et nous avons une collaboration avec une marque de luxe, que je ne peux pas citer, et dont les produits sortiront en mai-juin sur de la sneakers.

FNW : Votre précédent mode de fonctionnement est-il un avantage ?

EM : Avec Vivarte, nous étions prescripteurs du style, nous leurs proposions des produits complètement développés sur lesquels ils venaient faire de l’achat, avec quelques modifications en fonction des thèmes de leur saison. A la CVC, chose rare en France, nous avons 10 % des effectifs (14 personnes) qui sont dédiés à la création. Aujourd’hui, cela nous donne la capacité de concevoir et produire des chaussures pour un très grand nombre de marques.

FNW : Quel sera le plus gros défi ?

EM : Le plus gros défi est de savoir comment faire revenir des marques qui sont parties en Italie parce qu’elles n’ont plus trouvé ce qu’elles voulaient en France, à cause de l’environnement industriel chaussure qui a disparu, comme les tanneurs, fabricants de semelles, spécialistes du talon… Alors qu’il y a une très grosse densité en Espagne et en Italie. Donc il faut savoir redonner envie à de grandes marques comme Dior, Hermès, Vuitton, Louboutin et autres.

FNW : Qu’est-ce qui pourrait vous aider ?

EM : Nous avons de très belles opportunités basées sur des échecs que les marques connaissent à l’étranger. L’avantage de l’Italie est que la relation commerciale s’y fait tout de suite, car les marques trouvent tous les métiers sur place. Mais la relation devient vite déceptive concernant la qualité ou encore les délais. Les clients qui viennent à nous sont des déçus de l’Espagne et de l’Italie en général, qui souhaitent trouver une alternative. Mais leur recherche n'est pas forcément française. D’où l’importance de se faire connaître.

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