Fashion Revolution pointe du doigt le manque de transparence du luxe

Le groupe Kering, mais aussi Adidas et Reebok, ont amélioré la transparence de leurs chaînes d'approvisionnement, mais de nombreuses maisons sont encore à la traîne, selon le groupe de pression Fashion Revolution.


Adidas

La transparence est un enjeu crucial quand il s'agit d'attirer les Millennials, de plus en plus concernés par les sujets éthiques. Et si un manque de transparence ne signifie pas nécessairement que les marques ont quelque chose à cacher, les maisons les plus transparentes marquent clairement des points vis-à-vis des consommateurs les plus jeunes.

Selon le groupe de pression britannique Fashion Revolution, créé après le désastre du Rana Plaza il y a cinq ans, les marques les plus transparentes sont principalement des géants des vêtements de sport et des grandes chaînes de prêt-à-porter commercial. Dans le même temps, certaines des plus célèbres maisons de luxe se tirent une balle dans le pied en préférant laisser un voile d'opacité sur leurs pratiques - même si ce manque de transparence n'est pas universel dans le secteur du luxe.

Fashion Revolution a étudié 150 marques et distributeurs parmi les plus importants de la planète pour leur attribuer des notes basées sur leurs choix de gouvernance, leur traçabilité, leurs plans d'action et leur impact, ainsi que sur leurs politiques d'approvisionnement. Et qui a gagné ? Adidas et sa filiale Reebok.

Les deux marques ont obtenu la note de 58 % - encore loin du score parfait de 100 %. Dans le reste du top 10 - marques qui ont toutes réalisé un score égal ou supérieur à 51 %, on trouve un autre équipementier sportif, Puma, et les chaînes de distribution H&M et Esprit, la marque Banana Republic du groupe Gap, ainsi que Gap elle-même et son autre chaîne Old Navy, puis C&A et Marks & Spencer.

Mais quelques-uns des plus grands noms du luxe arrivent beaucoup plus bas dans la liste. Selon l'étude, Christian Dior, Dolce & Gabbana, Versace, Giorgio Armani et Chanel sont parmi les entreprises les moins transparentes en ce qui concerne leurs chaînes d'approvisionnement. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'elles cachent quelque chose - simplement que nous ne savons pas exactement ce qu'elles font. Elles ont toutes recueilli un score sous la barre des 10 %.

Fashion Revolution se montre plus optimiste dans cette étude et précise que pour les 100 marques étudiées l'an dernier, une amélioration de 5 % de la transparence a été enregistrée.

Asos, numéro 11 sur la liste, a réalisé un score de 50 % en améliorant sa transparence de 18 %. Hugo Boss a rejoint le groupe des marques dont les notes sont comprises entre 31 % et 40 %, améliorant son score de 11 %. Dans ce même groupe, Calvin Klein et Tommy Hilfiger ont vu leur notation progresser de 9 %, tandis que Gucci (groupe Kering), Bottega Veneta et Saint Laurent ont enregistré une amélioration de 8 % et Burberry de 7 %.

Parmi les entreprises réalisant un score honorable, compris entre 41 % et 50 %, on trouve un série de géants du prêt-à-porter comme Levi Strauss, The North Face, Timberland, Vans, Wrangler (ces quatre derniers appartenant au groupe VF Corporation) et du groupe espagnol Inditex, Bershka, Massimo Dutti, Pull & Bear, Stradivarius et Zara. Les marques de VF Corp ont quant à elles amélioré leur transparence de 22 %.

Mais Fashion Revolution rappelle qu'il reste encore beaucoup de pain sur la planche et que les changements ne sont pas assez rapides pour s'assurer qu'un désastre du type du Rana Plaza ne se produira plus jamais.

Traduit par Paul Kaplan

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