Habillement : les professionnels toujours tentés par le sourcing de proximité

Dans le cadre de la chaire IFM-Première Vision, l'Institut Français de la Mode présentait le 13 février sur le salon de l'amont à Villepinte son analyse des évolutions du sourcing français d'habillement.

Gildas Minvielle lors de la conférence Sourcing de Première Vision Paris - Matthieu Guinebault/FNW

L'Institut a en novembre dernier interrogé les donneurs d'ordres tricolores sur les pays où ils souhaiteraient réduire ou renforcer leurs approvisionnement. Du côté des contrées où ils souhaitent réduire leurs commandes, la Chine (26 % des suffrages) et la Turquie (10 %) arrivent en tête, suivis de près par le deuxième fournisseur d'habillement de l'Hexagone, le Bangladesh (8 %).

« C'est l'un des principaux enseignements, pour le directeur de l'Observatoire Economique de l'IFM, Gildas Minvielle. Une part importante souhaite un peu moins de Chine et Turquie, tandis que parmi les pays vers lesquels les commanditaires veulent se tourner, l'inde est le plus cité. Si l'on parle beaucoup de la Chine, il ne faut pas oublier ce pays, où se nouent nombre de joint-ventures et doté d'une capacité à produire des pièces très qualitatives. »

Quelque 11 % des professionnels souhaitent en effet doper leurs commandes en Inde en 2018. Ils sont par ailleurs 10 % à citer le Maroc et encore 10 % à citer la Tunisie, tandis que l'Europe de l'Ouest (8 %) et juste derrière l'Europe de l'Est sont également citées par nombre de donneurs d'ordres.

Court terme

Des visées géographiques qui se retrouvent également dans les calendriers de commandes. En 2016,  44 % de l'approvisionnement concernaient du long terme (plus de six mois avant la saison), contre 36 % pour le moyen terme (dans les six mois précédant le début de saison). Catégories pour lesquelles sont largement sollicités les lointains fournisseurs d'Asie. Ce qui laisse 20 % pour l'approvisionnement de court terme en pleine saison, nécessitant une production géographiquement plus proche et pour l'heure répartie entre réassort de pièces (11 %) et mise à jour de collections (9 %). Deux types de commandes amenés à se renforcer en 2018.

Ainsi, 62 % des professionnels consultés entendent maintenir leur commandes à long terme et même 70 % pour le moyen terme. Ils sont en revanche 48 % à vouloir doper les « updates » de collections en cours de saison et 42 % à souhaiter en faire de même pour le réassort. « On sent donc bien un regain pour le sourcing de proximité, pour Gildas Minvielle. La moitié veulent doper le sourcing de proximité, qui permet de mieux s'assurer de la qualité des productions et limite les risques d'invendus. »

L'Asie se stabilise

Mais ce phénomène doit être lu à l'aune d'une autre évolution clef relevée par l'IFM : si la part de l'Asie dans l'approvisionnement reste massive, elle ne progresse plus depuis 2015, après une hausse constante depuis près de vingt ans. En 2000, la Chine (Hong Kong inclus) et le reste de l'Asie pesaient respectivement 12 % et 21 % du sourcing français d'habillement. En 2015, ces deux proportions ont atteint 33 % et 26 %, et ne croissent plus depuis. 

Une stabilisation que l'IFM pointe également à l'échelle des importations européennes. Ce qui profite là encore aux pays de l'Euromed (Turquie, Tunisie, Maroc), qui pesaient 17,6 % des importations en 2016. Mais pas seulement. « Les Balkans y ont trouvé l'occasion de gagner des parts de marché », souligne Gildas Minvielle. Le meilleur exemple reste la Serbie, passée de 195e fournisseur d'habillement de l'UE en 2000 à 18e en 2017, directement suivie par l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine n'étant pas en reste. Des voisins européens qui répondent, là encore, à une aspiration renouvelée pour le sourcing de proximité.

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