Italie : mode et textile terminent 2017 mieux que prévu

L’industrie italienne du textile et de l’habillement, qui tablait en juin sur une hausse de son chiffre d’affaires de 1,8 %, revoit ses prévisions à la hausse. Selon les chiffres publiés par le Sistema Moda Italia (SMI), organisme patronal qui réunit les entreprises du secteur, le chiffre d’affaires des entreprises de toute la filière mode est attendu pour 2017 à 54,1 milliards d’euros, soit en progression de 2,4 % par rapport à 2016, tandis que la croissance pour le premier semestre.
2018 devrait dépasser 2,5 %.

L'homme italien fait mieux que la femme à l'export. Ici la dernière collection Emporio Armani - © PixelFormula

« Avoir des prévisions à six mois dans l’actuelle situation de marché, c’est difficile. D’autant que par rapport au passé, nous sommes confrontés à une croissance discontinue très variable, avec des grands changements de tendances, y compris d’une semaine sur l’autre. Un type de scénario, qui sera amené à perdurer dans le futur », commente le nouveau président de SMI, Marino Vago.

Autre élément encourageant pour le made in Italy : la reprise des embauches dans la filière du textile et de l’habillement après des années en berne, avec une hausse de 0,1 %, correspondant à 400 recrutements en 2017, pour un total de 400 000 employés, alors que les entreprises ont vu, elles, leur nombre diminuer de 0,8 % au cours de la période, soit 370 sociétés ayant mis la clé sous la porte, pour s’établir à un total de 46 236.

Comme toujours, ce sont les exportations qui ont tiré les ventes, représentant désormais 56 % du chiffre d’affaires total, à 30,59 milliards d’euros, avec une progression de 3,5 % par rapport à l’année précédente (+4,5 % pour l’habillement, +1,7 % pour le textile), tandis que les importations ont augmenté de 1,9 %, à 21,08 milliards d’euros. Dans ce contexte, la balance commerciale de la mode italienne est attendue elle aussi à la hausse, avec un excédent de 9,6 milliards d’euros (+650 millions par rapport à 2016).

Les premiers débouchés pour le made in Italy restent la France, dont l’industrie du luxe s’approvisionne énormément dans la péninsule, et l’Allemagne. Mais les marchés comme la Chine, où l’export italien a progressé de 3,9 % l’an dernier, avec la relance de son économie et le réveil de Hong Kong, et la Russie, redevenue l’une des premières destinations pour la mode italienne après trois ans de crise avec des exportations grimpant de 10,9 % en 2017, offrent de meilleures possibilités de croissance.  

« Il y a eu notamment une forte hausse à l’étranger de nos ventes de mode masculine, surtout en Russie, où elles ont bondi de 19,6 %, à 174,6 millions d’euros, alors que l’export du prêt-à-porter féminin y a progressé de 8,6 %, à 489,5 millions d’euros, et en Chine, où nos ventes d’habillement masculin se sont envolées de 18,3 %, à 237,9 millions d’euros, celles de la femme augmentant de 3,8 %, à 302,6 millions d’euros », souligne Gianfranco Di Natale, le directeur général de SMI.

« Le menswear propose davantage de produits de qualité. Les jeunes hommes russes entre 25 et 35 ans ont étudié en Europe et voyagent. Ils s’habillent tous made in Italy. L’homme se vend très bien aussi en Chine, y compris sous forme de produits semi-finis utilisés sur place par de jeunes designers chinois. Dans certaines de nos écoles de mode, les étudiants chinois atteignent 50 % des effectifs ! Cela signifie qu’ils apprennent à connaître notre filière de production à laquelle ils s’attachent par la suite et que leurs produits restent en Chine », poursuit-il.

Les Etats-Unis restent en revanche un marché difficile pour le made in Italy. « Nous y avons retrouvé notre niveau de 2000, mais nous n’arrivons pas à y progresser et notre export y a reculé de 1,7 % en 2017 », conclut Gianfranco Di Natale.

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