Jacob Abrian : « Faire de l’Arab Fashion Week la cinquième du calendrier »

A seulement 25 ans, Jacob Abrian, le fondateur de l’Arab Fashion Week et président de l'Arab Fashion Council, souhaite s’imposer dans le calendrier international des Fashion Weeks. Après avoir étudié l’architecture à Milan, avoir été mannequin et donc assisté aux coulisses des Semaines de la mode, Jacob Abrian a voulu lancer son rendez-vous, persuadé du potentiel du monde arabe. Rencontre à l'occasion de la 4ème édition de l'événement.
 

Jacob Abrian, fondateur de l'Arab Fashion Week

FashionNetwork.com : Pourquoi avez-vous choisi de miser sur les pré-collections et le concept de « ready couture » pour votre Fashion Week ?

Jacob Abrian : Tout d’abord parce que les autres ne le font pas et qu'il est dans l’ADN des pays arabes d’être des précurseurs. Je suis libanais, alors je sais aussi comprendre les attentes de ce marché. Je pense que proposer quelque chose de différent donne de la valeur à l’événement. De plus, dans les faits, aujourd’hui 70 % du budget des acheteurs des boutiques sont consacrés aux pré-collections. Selon moi, il y a un réel écart entre le prêt-a-porter et la Haute Couture. Et ils n’ont pas de plateforme pour trouver ces collections au même endroit. D’autre part, le « ready couture » s’installe donc entre les deux avec des vêtements de qualité à des prix allant de 5 000 à 25 000 dollars. Une gamme de prix qui séduit aussi les acheteurs pour des clients qui ne sont plus consommateurs de Haute Couture. L’Arab Fashion Week répond a un réel besoin.
 
FNW : Comment faites-vous financièrement pour organiser l’événement ?


JA : L’événement peut exister grâce au soutien des partenaires, en majorité italiens. Ils sont très attentifs aux nouvelles initiatives et sont à la recherche de créativité. La Fashion Week coûte cinq millions de dollars en tout. Les marques présentes participent à hauteur de 20 000 dollars. Après, nous leur fournissons le matériel, les mannequins, les maquilleurs et nous nous chargeons de l’organisation. C’est une opportunité pour les designers d’avoir de la visibilité, ils rencontrent les médias, les acheteurs et ils ont aussi leur espace de vente.
 
FNW : Comment faites-vous alors pour sélectionner les marques ?

JA
: Chaque marque doit d’abord passer par notre plateforme en ligne pour déposer un dossier. Ensuite, nous faisons un tri. Nous sommes très attentifs à la créativité, à la qualité, aux finitions, à la production, aux matières utilisées et au prix pratiqué pour que les marques puissent bien correspondre au positionnement de l’événement. Le style est bien sûr important, même si nous recherchons des univers différents. Le « ready couture », ce n’est pas uniquement les pièces que les femmes portent sur le tapis rouge, c’est aussi du sportswear, de l’unisexe ou encore un style minimaliste. Enfin, nous sommes attentifs au business plan et aux perspectives de développement prévues par les marques. Les designers doivent prouver qu’ils souhaitent poursuivre avec leur marque, saison après saison, et qu'ils souhaitent s'étendre à l'international.

FNW : Enfin, quel est votre principal objectif avec l’Arab Fashion Week ?

JA
 : Je souhaite réellement donner de la crédibilité au monde arabe en matière de mode et faire de l’Arab Fashion Week la cinquième semaine de la mode dans le calendrier. D’ici à 2030, avec l’Arab Fashion Council, nous voulons aussi développer le tissu économique mode de ces pays. Le monde arabe est grand et rassemble de nombreux pays. Nous voulons exploiter les spécificités et savoir-faire de chacun. Par exemple, faire des pays nord-africains les référents pour les matières premières et des pays du Golfe les spécialistes du retail.

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