Nina Ricci : partir ou rester ?

Une ambiance sombre planait sur le défilé parisien de Nina Ricci. La veille au soir, la maison avait démenti officiellement une publication spécialisée qui annonçait qu'il s'agirait de la dernière collection de son directeur artistique, Guillaume Henry. Quoi qu'il en soit, ce show avait un goût de fin.


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Nina Ricci - automne-hiver 2018 - Womenswear - Paris - © PixelFormula

Mis en scène dans l'imposant Hôtel Potocki, dans le très huppé 8e arrondissement, les premiers mannequins ont fait irruption sur le podium dans une tension palpable. Et la collection résumait à la fois le meilleur - et le moins bon - du travail de Guillaume Henry pour Nina Ricci.

Le créateur coupe avec fougue - à l'image de la première chemise, une chemise de cérémonie bleu poudré, qui flottait avec une grande élégance, ou son manteau de hussard noir à la coupe impeccable, orné d'insignes en laiton. Son inventivité est remarquable du point de vue des tissus - comme ce sublime manteau couleur étain et ce négligé qui ressemblait à du caoutchouc liquide.
  
Mais son approche excessivement sophistiquée a tendance à lasser - comme ces énormes anneaux de métal utilisés comme des boucles de ceinture sur plusieurs tenues, notamment sur une petite robe noire un peu ridicule, portée par la sublime Audrey Marnay. Et puis on aurait vraiment pu se passer de ces grandes capes qui rappelaient les Hirondelles, ces policiers à vélo qui sillonnaient Paris.

Cela dit, il y avait un passage ravissant à la fin, quand un quatuor de jeunes filles portant des nuisettes brodées de sequins et des bustiers en soie lamée a fait son entrée sur le podium, comme pour nous rappeler le talent de Guillaume Henry.
 
En coulisses, ce dernier a déclaré à FashionNetwork.com : « Non, je ne quitte pas Nina Ricci et ce n'est pas le moment de donner voix aux rumeurs, surtout un jour de défilé ! »
 
Nina Ricci a également démenti la nouvelle, mais de manière un peu plus conditionnelle. « Toutes les informations rapportées dans l'article ne sont que pure spéculation et n'ont rien à voir avec la réalité », affirme le communiqué publié par la maison - pas exactement un démenti formel.


Nina Ricci - Automne-hiver 2018 - Prêt-à-porter féminin - Paris - Photo: Pixelformula

Quoi qu'il arrive, on n'a pu s'empêcher de remarquer la bande-son : la chanson de Jane Birkin « Vie mort et résurrection d'un amour passion ». Le conte tragique d'un amour perdu qui en disait plus sur l'atmosphère qui régnait au défilé que n'importe quel communiqué de presse.
 
Guillaume Henry est arrivé chez Nina Ricci il y a exactement trois ans, après avoir terminé sa dernière collection pour Carven, une maison qu'il a ravivée et remise au premier plan après plusieurs décennies de sommeil. Selon quelques sources bien informées, il a signé un contrat de trois ans, renouvelable au mois de mars - la direction de Nina Ricci aurait donc la tâche facile si elle souhaitait le voir partir.

Guillaume Henry a aussi clairement fait savoir à ses amis qu'il se sentait frustré par ce qu'il percevait comme un manque d'investissement de la part de Nina Ricci. Cela dit, s'il quittait la maison, il aurait encore de nombreux admirateurs à Paris. Son succès chez Carven n'a pas été oublié, même si son séjour chez Nina Ricci a été beaucoup plus compliqué.

Traduit par Paul Kaplan

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