Satab : mutation réussie pour le rubanier français

Le spécialiste français des rubans, Satab, a initié en 2013 une mutation de son modèle. Concentrée jusqu'alors sur une offre mode, l'entreprise centenaire s'est ouverte à d'autres domaines industriels, de la décoration à l'aérospatial, en passant par le packaging et la santé. Un tournant qui a réussi à la structure de 350 salariés qui exporte désormais 60 % de ses productions.

Tendances « Parade » et « Oriental Dream » de Satab pour le printemps-été 2018 - Satab

« Ce qui a motivé cette évolution, c'est un changement de direction : la troisième transmission de père en fils », explique Franck Ferru, directeur marketing, à l'occasion du salon Première Vision Accessories. « L'objectif était de continuer à produire 100 % made in France. Pour faire cela, il y a eu tout un plan de développement d'entreprise, avec diversification géographique, diversification des produits. Nous avions tous les outils, il était dommage de rester uniquement sur des productions mode. » 

Satab peut notamment compter sur huit bureaux déployés à l'international, à Milan, Barcelone, Munich, Tunis, Istanbul, Moscou, Hong Kong et New York. L'entreprise exporte principalement vers l'Italie, l'Espagne, la Belgique et l'Allemagne, mais également vers la Turquie, la Tunisie, la Russie s'intéressant pour sa part principalement aux productions dédiées à l'industrie, les Etats-Unis étant eux tournés vers l'offre de mercerie. 

L'entreprise revendique une offre de 45 000 références, renouvelée annuellement par tiers. L'offre mode est pour moitié développée en interne, suivant les tendances, avec l'appui du bureau Nelly Rodi. L'autre moitié étant composée des demandes spécifiques des marques moyen, haut de gamme et luxe, composant la clientèle de l'entreprise. Demandes à ce jour largement tournées vers le coton et le taffetas mat, les textures 3D et des couleurs personnalisées : les équipes produisent ainsi une cinquantaine de nuances par jour.

Des équipes pour lesquelles, à l'image de la filière textile, Satab se heurte à des difficultés de renouvellement. « Nous avons des équipes dédiées à la production que nous formons sur place. Et si nous perpétuons notre savoir-faire en interne, c'est parce qu'il est très difficile de recruter », confie Franck Ferru, pointant que l'avenir du métier n'est pourtant pas menacé. « Le textile étroit a un avenir considérable, nous le vérifions tous les jours dans notre activité. La seule limite, en termes de produit, c'est l'imagination. »



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