Soldes d'hiver : départ contrasté après un mois de décembre décevant

PARIS, 18 jan 2006 (AFP) - Les soldes d'hiver en France démarrent sans frénésie : les commerçants font état d'un bilan très contrasté des dix premiers jours de soldes, alors que le mois de décembre était déjà très médiocre, d'après les chiffres publiés mercredi par l'Insee.


Soldes au Printemps, le 11 janvier 2006 à Paris
Photo : Bertrand Guay/AFP

Les grands magasins et les e-commerçants sont les grands gagnants de ce début de soldes, qui ont démarré le 11 janvier pour quatre à six semaines. Les chaînes succursalistes se disent également satisfaites mais la grande distribution et les indépendants de l'habillement font grise mine.

Les soldes ont confirmé une fois de plus la montée en puissance du shopping par internet en France. Le cabinet de conseil Trade doubler estime que le nombre de ventes en ligne le premier jour des soldes a flambé de 174,09 % comparé à l'an dernier, et de + 86,39 % en valeur.

A La Redoute, où un tiers des commandes ont été passées par internet, les ventes sont en hausse de 30 % par rapport à début janvier en volume et avec un pic à 160 000 commandes par jour le 11 janvier contre 80 000 d'ordinaire.

"C'est un record", commente Christophe Dondouff chez Redcats, maison-mère de La Redoute (groupe PPR).

Début en fanfare chez les grands magasins également. L'Union du Commerce de centre-ville, qui représente les grands magasins ainsi que les chaînes Fnac et Monoprix entre autres, parle d'un bond de plus de 10 % des ventes sur les dix premiers jours.


Une personne passe devant un magasin annonçant les soldes, le 11 janvier 2006 à Strasbourg - Photo : Julie Spenle/AFP

Le Printemps a même annoncé un record de vente historique le 11 janvier, avec un bond de 24 % par rapport au début des soldes en 2005.

Plus mesuré, Lucien Odier, président du Conseil national des succursalistes en habillement, qui représente notamment Zara et Gap, parle d'un début de soldes "légèrement positif par rapport à l'année dernière", grâce à de bonnes performances dans l'habillement femme.

Il se garde toutefois de tout triomphalisme. "Aujourd'hui, compte tenu de l'économie nationale et de la chute de la consommation textile, quand on fait une croissance de + 2,5 à + 2,6 % sur l'année, on est contents", souligne-t-il.

La Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui regroupe notamment Carrefour, Casino ou Auchan, fait pour sa part un constat "assez mitigé" du début des soldes, tout comme la Fédération nationale de l'habillement (FNH), qui fédère les indépendants du secteur.

Sandra Vassy, secrétaire générale de la FNH, note que "le premier tour d'horizon donne des résultats moyens, pas mieux que l'an dernier en tout cas", et reporte notamment la faute sur les "pratiques très offensives" des chaînes succursalistes. "Il y a eu dès le début des démarques de - 50 % voire - 70 %", ce qui est selon elle inhabituel pour une première démarque.


Des personnes passent devant un magasin avec soldes, le 11 janvier 2005 à Strasbourg - Photo : Frédérick Florin/AFP

Cependant, contrairement aux chiffres publiés par l'Insee vendredi, elle affirme que la "consommation s'est maintenue en décembre" et que les consommateurs ont plutôt levé le pied sur leurs achats en janvier.

L'Insee a constaté une baisse de 1 % de la consommation des Français en prdouits manufacturés en décembre par raport à novembre, après une hausse de 0,7 % en novembre (chiffre révisé). Notamment les ventes ont chuté de 4,1 % dans le secteur textile-cuir, contre un bond de 4,0 % en novembre, en données corrigées des variations saisonnières.

Jacques Perrilliat, président de l'UCV, tombe des nues devant de tels chiffres : l'Insee "se trompe et s'est toujours trompé", affirme-t-il, soutenant que les commerces de centre-ville comme les chaînes succursalistes et les indépendants du textile ont fait un bon mois de décembre.

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