Une Fédération française du design textile et surface en cours de formation

Une absence de grilles tarifaires communes, des quotidiens précaires et des travailleurs en freelance isolés, les designers textile et surface indépendants ont pris le parti de se réunir pour réfléchir à la construction d’une fédération française dévolue à ce secteur.
 
Impression de textile au sein de l'usine Marimekko à Helsinki - FashionNetwork.com

A l’initiative de Textile Addict, une « communauté ouverte aux passionnés du textile, professionnels et futurs diplômés », et de la plateforme de vente en ligne de motifs et d’illustrations textiles Cymé, cette organisation devrait se former au cours de l’été pour être sur pied avant le prochain salon Première Vision, qui aura lieu du 19 au 21 septembre 2018 à Paris. La Fédération française du design textile et surface viendrait combler un manque, car à ce jour, les designers indépendants estiment ne pas se sentir protégés et veulent présenter un front uni.

« Nous avons besoin d’être soutenus par une organisation dédiée et spécialisée qui va pouvoir apporter son aide sur des points qui ne concernent que le design textile et surface », explique Agnès Denat, cofondatrice de Cymé. Aujourd'hui, les designers textile et surface ne se sentent pas représentés par l'organisation regroupant différents syndicats de designers, nommée l’Alliance française des designers et tournée, selon Agnès Denat, plus particulièrement vers le graphisme et le design produit. Issue de la fusion des cinq principaux syndicats du milieu en 2009, elle est notamment composée de l’ancien Syndicat national des designers textiles qui existait sous ce nom depuis 1987.
 
En 1998, une étude conduite par le ministère de la Culture et de la Communication dessinait le paysage de ce secteur, pointant du doigt les spécificités qu’il comporte (profession féminine, assez jeune, à renouvellement lent…). Cymé et Textile Addict, remarquant qu'en 20 ans, cette étude n'avait pas été renouvelée, ont pris le parti de dresser un nouveau tableau de la profession. Ils ont interrogé 81 professionnels de l’industrie selon le même questionnaire que la précédente étude. Verdict, à 96 % féminine, la profession est principalement exercée par des trentenaires qui vivent à Paris et qui sont inscrits à la Maison des artistes. L’étude souligne que 65 % des designers ne tirent par leur principale source de revenus de leur activité et exercent généralement un autre métier en parallèle.
 
Forts de ce constat, Textile Addict et Cymé remarquent aussi que c’est seulement au bout de cinq années d’activité que le designer textile commence à se rémunérer et qu’il en faut cinq supplémentaires avant que le professionnel tire tous ses revenus des 62 dessins qu’il vend en moyenne par an.
 
Dernier point que cette étude met en exergue : les écarts de prix pratiqués par les différents designers textile et surface. Ainsi, sur les 81 personnes sondées, est établi que la vente d’un dessin de mode peut varier de 150 à 700 euros. Dans l’ameublement, c’est entre 300 et 1 000 euros que se joue cet écart.

Pallier ces différences de tarification, qui entravent les négociations des designers textile et surface avec des clients (ceux-ci préférant généralement les designers pratiquant les prix les moins élevés), tel est l'une des ambitions des instigateurs de la future Fédération française du design textile et surface. Ceux-ci souhaitent proposer notamment l’actualisation d’une grille tarifaire vieille de dix ans, avant de la diffuser auprès des designers et des clients. Il s’agirait, avec la création d’un site Internet dédié à cette fédération, de l’une des premières actions qu’entend mener l’organisation.

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