Vivarte engrange 52 millions d’euros en vendant Naf Naf

Le 11 avril, le groupe Vivarte officialisait la vente de son enseigne de prêt-à-porter féminin Naf Naf à un consortium chinois mené par le groupe La Chapelle, épaulé de Star Platinium et d’East Links. Le distributeur chinois a depuis apporté quelques détails sur la transaction que ne communiquaient pas Vivarte. Le groupe français, qui poursuit sa restructuration, a ainsi récolté 52 millions d’euros en cédant la marque, soit un quart du chiffre d'affaires de la marque, qui a, selon La Chapelle, généré 208 millions d’euros de ventes en 2016/17, assorti d’un Ebitda de 7,6 millions d’euros.  


Naf Naf s'appuie sur un réseau de 474 points de vente (boutiques et corners). - NafNaf/Facebook

Un prix peu élevé au regard du chiffre d'affaires de la marque, mais représentant tout de même un ratio de 6,8 fois l'EBITDA. Il faut rappeler que l’enseigne fondée en 1973 par les frères Pariente avait été acquise en 2007 par le groupe Vivarte, qui à l’époque aurait signé un chèque de 200 millions d’euros à ses propriétaires (en acquérant certes Chevignon du même coup). Il s’agit là d’une acquisition intéressante pour le groupe chinois, qui, tout en continuant à exploiter (et arbitrer) les points de vente de Naf Naf en Europe (et surtout en France où elle réalise 70 % de ses ventes), ambitionne de déployer cette marque à la rentabilité faible dans son format actuel sur le sol chinois.

Le groupe français, dirigé par Patrick Puy depuis plus d’un an, est engagé dans un vaste plan de restructuration pour combler ses importantes dettes et tenter de redresser ses ventes en définissant un nouveau périmètre. En se séparant donc de certains actifs.  

Les créanciers de Vivarte – lourdement endetté après un second LBO - ont accepté en juin 2017 de réduire la dette du groupe de 864 millions d’euros, celle-ci culminant tout de même depuis lors à 574 millions d’euros (contre 1,5 milliard donc). Elle a aussi été rééchelonnée, puisque sa maturité a été étendue de deux ans, jusqu’en 2021.

Après avoir vendu Merkal, Pataugas et Kookaï l’an dernier, la cession d’André début 2018 n’a pas contribué à renflouer les caisses du groupe puisque celui-ci aurait, selon plusieurs médias, signé un chèque pour que Spartoo reprenne le chausseur. Mais le groupe espère faire une belle opération dans les mois à venir en se séparant de Besson, son enseigne de chaussures de périphérie aux 265 millions d’euros de ventes en 2017 et à la santé au beau fixe. Celle qui au départ ne devait pas être vendue ne compte que très peu de salariés puisque ses magasins sont opérés via un système de gérant mandataire et aurait reçu plusieurs marques d’intérêt, selon nos informations.

La direction de Vivarte prévoit en outre une enveloppe de 80 millions d’euros en 2018 pour investir dans les cinq marques qu’elle conserve à son périmètre, à savoir Caroll, San Marina, Minelli, Cosmoparis et surtout La Halle. Une enseigne de périphérie qui doit absolument réussir sa relance (après un PSE en 2017) puisqu’elle pèse 53 % des ventes totales de Vivarte, qui ont culminé en 2016/17 à 1,8 milliard d’euros. Si le groupe accuse toujours d’importantes pertes, celles-ci se sont réduites de moitié sur l’exercice écoulé : son résultat net était ainsi passé de -672 millions en 2016 à -305 millions d’euros.

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