World Tricot une nouvelle fois en redressement judiciaire

World Tricot, reconnu pour avoir mené une action en justice contre Chanel en 2005 pour contrefaçon, a été une fois encore placé en redressement judiciaire, avec une période d’observation de six mois, par le tribunal de commerce de Paris, le 7 décembre. La fondatrice, Carmen Colle, ne baisse pas les bras et compte sur l’arrivée d’un investisseur pour se relancer.
 

World Tricot est spécialisé dans la maille de luxe - Angèle Batist

Elle explique : « C’est uniquement un problème de trésorerie, comme beaucoup d’entreprises aujourd’hui, nous manquons de fonds de roulement. » Déjà relancé en 2016, World Tricot a pu compter sur le soutien d’anonymes via le financement participatif.

La collecte a atteint près de 45 000 euros, selon Le Monde, qui a révélé l’information. La somme s’est avérée insuffisante puisque la société a été reconnue en cessation de paiements en juin 2016. Les problèmes se sont accumulés pour le sous-traitant à partir de 2005, quand il a choisi de porter plainte contre la maison Chanel pour « contrefaçon et parasitisme commercial », à propos d’un modèle que World Tricot a proposé à la maison de luxe. Celle-ci ne l’a pas retenu pour sa collection, pourtant Carmen Colle l’a reconnu, plus tard, dans la vitrine d’une boutique Chanel à Tokyo. L’affaire, très médiatisée, s’est finalement terminée en 2012 quand la justice a donné raison à la société de textile. Mais World Tricot avait perdu son client principal et d’autres tout aussi prestigieux dans la foulée.

Aujourd’hui, World Tricot compte encore huit salariés et entend bien se relever une nouvelle fois. « J’ai tourné une page, je ne regarde plus en arrière, je préfère me tourner vers le futur. Et le plus important est de pouvoir faire perdurer le savoir-faire des salariés. Nous sommes dans une bonne dynamique avec de très bons contacts à l’international (principalement au Moyen-Orient, ndlr) », martèle la fondatrice.  

Si Carmen Colle reste positive, c’est parce qu’elle est en contact avec un investisseur « qui nous soutient déjà dans l’ombre» et qui devrait apporter les capitaux nécessaires au maintien de l’activité de la société. Aujourd’hui, World Tricot travaille principalement pour sa marque propre de maille, Angèle Batist, qui s’est exposée à Paris avec un pop-up pendant tout le mois de décembre dans le Marais, rue Debeylleme.

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