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A Paris, la violence autour de l’anniversaire des Gilets Jaunes touche deux centres commerciaux

Publié le
today 17 nov. 2019
Temps de lecture
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Un anniversaire sous tension. Ce week-end, entre 28 000 et 39 530 "Gilets Jaunes" manifestaient dans différentes villes de France à l’occasion de la première année du mouvement.


Un pompier tente d'éteindre le feu qui détruit une voiture place d'Italie à Paris, le 16 novembre 2019, en marge d'une manifestation des "gilets jaunes" - AFP - Philippe Lopez


A Paris, épicentre de plusieurs samedis violents, les Champs-Elysées, cadenassés et interdits à toute manifestation, ont été épargnés tout comme la majorité de la Ville Lumière. La situation a en revanche dégénéré dans deux quartiers de la capitale. A la mi-journée, la place d’Italie (XIIIème arrondissement) était le théâtre d’affrontements entre des casseurs et les forces de police et le centre commercial Italie 2 a été l’objet de dégradation.

En début de soirée, c’est le centre du Forum des Halles qui a été la cible de «Gilets jaunes ». Des poubelles ont été incendiées et les forces se sont interposées pour interdire l’entrée aux manifestants et casseurs. Les deux centres ont rouvert le dimanche matin, bénéficiant d’une forte protection de la part des forces de police et des CRS, selon nos informations. En revanche, dimanche midi une dizaine de manifestants ont occupé le flagship des Galeries Lafayette sur le boulevard Haussmann ( IXème arrondissement).

Les manifestations ont rassemblé 28 000 personnes dans toute la France, dont 4 700 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur. La dernière participation équivalente remonte au samedi 9 mars, avec 28 600 personnes en France. De son côté le mouvement a donné une estimation globale de 39 530 participants ce samedi, selon le "Nombre jaune".

Un an après, en dépit de concessions du gouvernement - primes d'activité, heures supplémentaires défiscalisées, organisation d'un grand débat national -, les multiples revendications de cette vaste contestation demeurent: baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, retour de l'ISF, référendum d'initiative citoyenne.

Les "gilets jaunes", qui avaient rassemblé 282 000 manifestants lors du samedi inaugural, cherchaient pour cet "acte 53" à redonner un souffle à la "révolte des ronds-points" qui avait ébranlé le mandat d'Emmanuel Macron mais ne rassemblait plus que quelques milliers de personnes ces derniers mois.

Affrontements Place d’Italie



A Paris, durant deux heures en début d'après-midi, la situation est restée confuse Place d'Italie, où les forces de l'ordre ont tenté de disperser de petits groupes de casseurs, alternant charges brèves et déluge de lacrymogènes. "Au vu des violences et des exactions", la préfecture de police a demandé l'annulation de la manifestation qui devait s'élancer de cette place à partir de 14H00.
Voitures renversées ou incendiées, engins de chantier et poubelles brûlés, abribus saccagés: les assauts sporadiques de petits groupes se sont transformés en flambée de violences, ont constaté des journalistes de l'AFP, qui ont vu des manifestants blessés -dont un journaliste indépendant atteint au visage-, et des pompiers empêchés d'intervenir. Au centre de la Place, un monument en mémoire du maréchal Juin a été dégradé.

La manifestation Place d'Italie "rassemblait des individus qui ne défendaient pas une cause, mais procédaient à des destructions" et "à des attaques systématiques contre les forces de sécurité et contre les pompiers", a déclaré le préfet de police Didier Lallement à la presse.
Les portes vitrées du centre commercial d'Italie 2, qui avait fermé, et les vitrines d'une résidence hôtelière voisine ont été attaquées à coup de pavés par plusieurs dizaines de personnes cagoulées et vêtues de noir. Régulièrement, ces petits groupes revenaient à la charge et étaient provisoirement repoussés par les forces de l'ordre, qui ont utilisé à plusieurs reprises un canon à eau.

Le calme est revenu en milieu d'après-midi une fois la place évacuée par les forces de l'ordre. "Les pompiers, venez éteindre les bougies", a lancé un "gilet jaune". A 20H00, la préfecture de police a fait état de 147 personnes interpellées, et le parquet de Paris de 129 personnes en garde à vue.

Gaz lacrymogènes au Forum des Halles



La situation a été également tendue place de la Bastille, où une première marche autorisée arrivée de la porte de Champerret a été bloquée par les forces de l'ordre. Devant une entrée de la préfecture de police, une voiture siglée police a été retournée sur le toit au milieu de la chaussée, et une autre des douanes a eu le pare-brise détruit. Il n'y a pas eu de blessé selon la PP.

En début de soirée, des petits groupes de manifestants ont rejoint le Forum des Halles, très fréquenté à cette heure. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour les disperser et ont interpelé plusieurs individus.

"Des violences ont eu lieu à proximité et dans le centre Westfield Forum des Halles samedi 16 novembre du milieu d’après-midi au début de soirée, conduisant le centre à fermer ses portes. Quelques dégradations matérielles sont à déplorer. Le centre a rouvert ses portes ce jour à 11h, a précisé la communication du groupe à FashionNetwork.com. Notre centre est un site sécurisé. Nous sommes en contact permanent avec les autorités afin d’adapter nos dispositifs en cas de nouvelles manifestations ce jour et assurer la sécurité de nos clients et nos commerçants".

Pour cet anniversaire du mouvement, né le 17 novembre dernier de la contestation d'une taxe sur les carburants, plusieurs milliers de personnes étaient attendues à Paris, où les autorités redoutaient l'intervention de "200 à 300 ultra-jaunes et 100 à 200 militants d'ultragauche".

"Les dégradations et violences commises en marge des manifestations appellent des condamnations fermes et unanimes", a tweeté le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.
"Nous constatons que place d'Italie il y avait finalement peu de gilets jaunes et surtout des casseurs", selon une source gouvernementale.

Dans les régions, les manifestations ont démarré dans la matinée. Dans le sud-est, les "gilets jaunes" ont réinvesti des ronds-points, distribuant des tracts aux automobilistes, sans dégradation ni importante perturbation. Ils étaient une centaine à Albi (Tarn), quelques poignées à Auch, dans le Gers. La situation était tendue à Nantes, où des heurts ont éclaté entre les forces de l'ordre et près d'un millier de manifestants, selon la préfecture. A Montpellier, la permanence du député La République en Marche Patrick Vignal a été dégradée: vitre cassée et inscriptions anarchistes taguées. A Grenoble, la manifestation unitaire contre la politique du président Macron qui réunissait "gilets jaunes", syndicats (GCT, FSU, Solidaires, Unsa, CNT) et des associations a mobilisé plusieurs centaines de personnes dans le calme. Les organisateurs y voient une "préparation au 5 décembre", date d'une grève interprofessionnelle redoutée par l'exécutif.

Avec AFP
 

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