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22 juin 2022
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A Paris, Lemaire allège le vêtement, Hed Mayner l’emphatise

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22 juin 2022

La Fashion Week de Paris a dévoilé, mercredi, une mode masculine qui se renouvelle tout en subtilité. Au deuxième jour des défilés, les maisons ont joué notamment avec les proportions et les poids, à l'instar de Lemaire et d'Hed Mayner. Tout s’allège chez la première marque, pilotée par Christophe Lemaire et Sarah-Linh Tran, dans un vestiaire délicat, tandis que la deuxième griffe, fondée par le créateur éponyme, met l’accent sur les grands volumes, autant confortables que protecteurs.
 

Lemaire, printemps-été 2023 - ph Dominique Muret


Chez Lemaire, le temps est suspendu. Comme dans un hall de gare, où les mannequins semblent attendre un train fantomatique. Dans la belle salle du musée des Arts et Métiers avec ses fenêtres et plafond en bois et son sol de mosaïque, accompagnés en live par la chanteuse guitariste californienne Ana Roxanne, ils se confondent avec le public. Anonymes, ils traversent l’espace sans se faire noter, ou s’arrêtent regardant par la fenêtre ou appuyés contre un mur pour rêver, se plonger dans un bouquin, dessiner ou discuter passionnément avec un groupe d’amis. Il ne manque ni les amoureux qui se tiennent par la main dans un coin, ni la voyageuse harassée, endormie sur banc.
 
En revisitant leur habituel vestiaire à vivre au quotidien avec leurs pièces phares tels trenchs, pantalons à pinces et amples chemises, les designers Christophe Lemaire et Sarah-Linh Tran s’inspirent de la poésie, avec souvent une touche romantique et nostalgique, tout comme de la gestuelle née de cet entre-deux suspendu. Les vêtements sont légers, jamais encombrants, enveloppant avec délicatesse les personnes qui les endossent. Les robes en soie/nylon ou viscose se froissent joliment. Quelques tenues en soie mêlée à un fil de métal gardent la mémoire des plis.

"On a essayé d’alléger au maximum le vêtement. Pour renforcer cette sensation, on a beaucoup travaillé sur l’idée de parachute avec des vêtements en coton léger", glisse Sarah-Linh Tran. Les habits en popeline ou seersucker prennent de l’ampleur ou, au contraire, se referment, par le biais de rubans du même tissu, noués à la taille ou aux chevilles. Autre nouveauté cette saison, les ensembles pyjamas en coton à fines rayures avec de longues tuniques associées à des pantalons qui font penser à des manches, se terminant sur le pied par le typique poignet de chemise.
  
Les silhouettes monochromes sont déclinées dans une palette naturelle, comme patinées par le soleil, offrant aussi des bouffées de fraîcheur avec des rose bébé et des bleu ciel, à peine suggérés. Des fleurs tropicales s’invitent sur certains modèles, ainsi que les dessins d’art brut de Noviadi Angkasapura, artiste originaire de la Nouvelle Guinée.


Hed Mayner, printemps-été 2023 - DR

 
On retrouve le même esprit minimaliste aux teintes naturelles chez Hed Mayner, mais dans un registre totalement opposé, que ce soit dans les textures plus épaisses et solides ou dans les volumes oversized. Comme toujours, le styliste israélien puise dans l’univers du workwear pour construire une garde-robe unisexe protectrice et pratique, truffées de maxi poches, mais il explore cette fois de nouvelles constructions, en libérant complétement le dos.
 
Ainsi une veste trench est totalement privée de sa partie arrière, se nouant dans le dos avec un ruban, tel un tablier. Le pullover en grosse maille semble normal côté recto, alors qu’il est inexistant côté verso. De même, les chemises s’ouvrent totalement à l'arrière, dans le bas du dos. Même les classiques blazers de banquier sont diminués de moitié, juste accrochés au cou par le col, tandis que les manches s’abaissent dénudant les épaules.
 
Pour l’été prochain, Hed Mayner fait la part belle aussi à l’upcycling. Il a chiné dans les marchés de Tel Aviv ou chez les revendeurs parisiens du linge de maison d’autrefois. Draps, nappes et autres étoffes en lin et coton blanc brodé, qu’il redécoupe et insère dans la silhouette pour créer des vêtements frais à la saveur d’antan. Une taie d’oreiller brodée se mue en un beau top carré, des napperons se posent délicatement sur les épaules ou bordent shorts, chemises, pantalons et tuniques, façon culottes et jupons de grand-mère, dans un jeu infini de superpositions.
 
Pour le reste, bombers et pantalons extra larges jouent sur les volumes et formes arrondies, tout comme cet ensemble veste-pantalon en denim ou encore cet anorak militaire porté avec un pantalon de zouave.

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