Aatise mise sur la mode participative

Pour Heide Baumann et Julia Schena, respectivement ingénieure textile et communicante dans la mode, créer Aatise était une nécessité. « J’ai d’abord pris conscience des problématiques écologiques et responsables dans ma consommation de nourriture, puis dans les cosmétiques, avant d’arriver aux vêtements. En tant qu’attachée de presse pour une enseigne de l’industrie du textile, j’ai eu l’impression que je ne pouvais plus continuer à faire mon métier de la même façon », explique Julia Schena. En novembre 2017, elle lance avec sa comparse la première campagne Ulule d'Aatise, une marque écoresponsable et produite en France. 
 
La collaboration avec @aliaslouise - @aatise

Avec plus de 11 000 euros récoltés et 146 contributeurs, elles ont pu financer leur première collection. Six mois plus tard, en juin, elles réunissent 86 participants pour une seconde levée de fonds en vue de commercialiser leur toute nouvelle pièce, le pantalon Vertueux, à base de coton recyclé.
 
Avec ces campagnes, véritables vecteurs de communication pour les jeunes marques, Heide Baumann et Julia Schena ont aussi commencé à sensibiliser leur clientèle sur les thèmes qui leur sont chers : l’utilisation de fibres naturelles, la production sur précommande ou en séries limitées pour éviter les stocks et les déchets, et la valorisation du made in France. Mais aussi la défense d’une mode participative avec cofabrication, coconception et cocréation pour faire participer tous les acteurs de l’industrie, des créateurs aux clients.
 
Ainsi, en plus des campagnes de crowdunfing Ulule, Heide Baumann et Julia Schena proposent une série de vêtements réalisés à la demande en fonction du stock de tissu dont elles disposent, en plus de pièces reconduites qui n’ont pas de temporalité.
 
Pour produire leurs collections, le duo a trouvé des ateliers dans les régions de Pau, Castres et Paris. Pour les matières, elles misent sur des tissus biodégradables voire compostables et excluent le coton, excepté pour l’assemblage des pièces ou quand il est recyclé. « Privilégier le made in France, c’est faire le choix de circuits courts avec de faibles empreintes carbone et écologique. C’est aussi préserver un savoir-faire français, un héritage à transmettre aux générations futures », explique Julia Schena.
 
Pour la suite, les deux entrepreneuses ont décidé d’élargir leur communauté. Pour y arriver, la marque bordelaise installée au sein du Darwin Ecosystème, un lieu alternatif pour start-up écologiques, multiplie les collaborations. A l’image de celle entreprise avec la blogueuse Louise Descamps (@aliaslouiseblog, 14 600 abonnés) autour d’une robe portefeuille créée à six mains. Mais aussi les participations aux festivals comme Slow We Are ou Go For Good par les Galeries Lafayette de Montpellier, et aux salons, comme celui consacré au made in France qui se tiendra du 10 au 12 novembre prochains à Paris.
 
Leurs collections, disponibles à Bordeaux dans la conciergerie solidaire Le Comptoir Saint-Rémi, feront aussi partie de la sélection de l’Appartement Français qui installera un pop-up avec des marques à la production locale à partir du 15 novembre à Paris dans un lieu encore tenu secret. Pour les fêtes, les deux créatrices seront également présentes au Pop Factory, un magasin éphémère installée au 33, rue Buhan à Bordeaux, ainsi qu’au marché de Noël de la plateforme Etsy dans la ville girondine.

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