×
Publicités
Publié le
14 sept. 2022
Temps de lecture
4 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Affichage environnemental: quelle solution propose l'Union des Industries Textiles

Publié le
14 sept. 2022

Onze propositions de méthodes d'affichage environnementales pour l'habillement passeront dès octobre à la loupe de l'exécutif. L'Union des Industries Textiles (UIT) remettra fin septembre les évaluations d'expérimentation de sa propre méthodologie, dont elle explique aujourd'hui l'approche.


Format d'étiquette proposé par l'UIT/La Belle Empreinte - UIT



Pour l'heure, l'affichage environnemental (non-obligatoire) proposé par l'Ademe n'est utilisé que par quatre entreprises textiles: Decathlon, Bonobo (Beaumanoir), Tissage de Charlieu et Okaïdi. Et pour cause, il est à la fois trop compliqué pour les entreprises, et peu adapté à la complexe filière textile, avec une classification de A à F apportant peu d'informations. "Or, la convention citoyenne a montré que le consommateur veut voir deux choses: le score carbone et l'origine du produit", explique Eric Boël, en charge de la commission Développement Durable de l'UIT.

Deux points où le score actuel pêche, comme le démontre l'UIT via l'exemple d'un maillot de rugby. Selon le modèle de calcul pensé par l'Ademe pour l'ensemble des produits manufacturés, ce maillot recevra un "F", qu'il soit produit en France où en Inde, pays de production où les émissions carbones sont les plus fortes. Le calcul ne prend en effet pas en compte la matière utilisée, et réunis un large de nombre de produits différents dans un même catégorie, telle que "t-shirt manches longues". Une aberration et un déficit d'information auxquels l'UIT entend remédier via sa propre approche.

Pour l'Union, cinq éléments sont nécessaires: simplicité (pour les entreprises), facilité (pour les consommateurs), accessibilité, transparence, ainsi qu'une approche différenciante. Pour ce faire est proposée une étiquette en trois parties. En haut à gauche, l'indication des pays de production des matières, filature, tissage-tricotage, teinture-impression et confection. Cette case inclut également le "Triman", indication destinée à la fin de vie du produit (notre article dédié). En dessous, une case permettra d'afficher les certifications et labels désirés, à la discrétion des marques.

Comparer à la moyenne pour chaque produit vendu en France



C'est sur la colonne de droite que l'UIT marque sa différence, en proposant deux barrettes: l'une dédiée à l'empreinte climatique (CO2) et l'autre à l'empreinte environnementale (selon deux critères). Sur chaque barrette, le poids chiffré du produit sera indiqué, accompagné de la moyenne constatée sur l'ensemble des produits similaires vendus en France. De quoi mettre en valeur le Made in France, qui ne représente que 4% des produits d'habillement vendus en France, et dont l'impact est via de multiple facteurs sous la moyenne.


L'impact d'un produit vendu est chiffré, et montré par rapport à l'impact moyen des produits vendus similaires vendus en France - UIT


Quid des entreprises qui, par leur taille ou leur manque de motivation, ne pourront communiquer les chiffres liés à leurs produits ? S'activera alors un algorithme calculant les chiffres manquants en fonction des typologies de pièces, matières utilisées, pays concernés et bien d'autres. Car s'il s'agit de permettre aux petites structures de s'adosser au dispositif pour compenser leurs manques de moyens. L'objectif est également d'inciter les plus gros acteurs à travailler encore plus leur investigations d'approvisionnement.

"Il nous faut de la pédagogie pour faire comprendre à nos fournisseurs pourquoi on leur demande toutes ces informations", souligne le vice-président de l'UIT, Olivier Balas, dirigeant de Balas Textile. A la tête de Tissage de Charlieu, Eric Boël estime que l'étiquetage est amené à devenir un nouveau facteur d'achat. "Les clients choisissent en fonction des notions de prix, qualité et séduction. Avec l'impact environnemental, on en rajoute un quatrième. Or, on a vu sur l'équipement domestique et les produits blancs que les consommateurs sont sensibles à ce point", pour le responsable.

L'affichage proposé par l'UIT a été testé, via le spécialiste des produits responsables La Belle Empreinte, sur dix-neuf acteurs du secteur. Marques, fabricants disposant de marques propres ou DNVB, du grand groupe à la TPE-PME, ceux-ci cumulent quelque 10.000 salariés. Quelque 125 produits ont été passés au prisme de la méthode, tandis que 25.000 avis de consommateurs ont été analysés.


La décision de l'exécutif sur la solution retenue pourrait intervenir au printemps 2023 - UIT



"Les groupes de travail se sont multipliés dernièrement autour de ces solutions. Nous faisons partis de ceux qui se donnaient du mal pour être présent, tandis qu'en face des groupes comme H&M, Inditex ou Fast Retailing ont des centaines de chargés de RSE dont le rôle est de truster ces groupes afin d'édulcorer les travaux", pointe Olivier Ducatillion, président de l'UIT. "Nous, nous tentons de répondre aux attentes des consommateurs. C'est un peu une lutte à la Don Quichotte, mais nous mettons beaucoup d'énergie dedans".

Et maintenant ? Les auteurs des onze méthodes proposées, dont celle de l'UIT, remettront leurs rapports d'expérimentation au ministère de l'Ecologie fin septembre. Une évaluation s'en suivra jusqu'à la fin de l'année, avant élaboration d'un rapport gouvernemental sur les expérimentations, attendu pour le printemps. La rédaction d'un décret sur l'affichage obligatoire pourrait intervenir en juin 2023, estime Karine Sfar, déléguée générale de la Fédération de la Maille, de la Lingerie et du Balnéaire.
 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2022 FashionNetwork.com