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9 nov. 2021
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Bazarchic veut s’affirmer dans la mode et la décoration

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9 nov. 2021

Comme pour tout le secteur des ventes évènementielles sur internet, la période Covid a été faste pour Bazarchic. Acteur historique du secteur, né dans le même temps que Ventes Privées (Veepee) et ShowroomPrivé, la société française a vu son chiffre d’affaires atteindre les 80 millions d’euros en 2020. Rachetée en 2016 par le groupe Galeries Lafayette, l’entreprise et ses 200 salariés ne jouent pas dans la même lice que les deux leaders du marché (respectivement 3,8 milliards et 700 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020).


Elisabeth Cazorla - Bazarchic



Mais si les deux géants en France font la course avec une diversification de leurs activités, Bazarchic, dirigé depuis 2019 par Elisabeth Cazorla qui pilote aussi les magasins Galeries Lafayette Outlet, opte pour une spécialisation. "Nous avons décidé d’avoir une stratégie différente en nous concentrons sur le fait d’être un spécialiste de la mode et de la décoration, explique la dirigeante du site qui opère une quinzaine de ventes par jour, chacune durant entre cinq et sept jours. L’an passé nous avons enregistré une croissance de l’ordre de 15%, notamment portée par le marché de la décoration, mais la chaussure est aussi très dynamique". Des catégories que maîtrise parfaitement le groupe Galeries Lafayette. Mais la dirigeante, qui dit s'appuyer sur les fonctions support du groupe, précise vouloir conserver le nom de Bazarchic et adopter des plans de développement bien dissociés entre le site de ventes évènementielles et le réseau de magasins outlet.

Chez Bazarchic l’activité principale reste donc la mode, à hauteur de 50% du chiffre d’affaires, la chaussure apporte plus de 10% d’activité et les ventes d’accessoires sont aussi un élément important. Mais la décoration monte en puissance et représente déjà 20% des ventes. La plateforme conserve aussi une offre épicerie fine, notamment avec des vins et spiritueux. "Cela confère des valeurs liées à l’art de vivre qui véhiculent une image qualitative", souligne la dirigeante, qui connait bien ce type d’équilibre pour avoir travaillé par le passé au sein des Galeries Lafayette mais aussi du Printemps.

D’ailleurs, Elisabeth Cazorla a notoirement modifié l’approche de Bazarchic. "Il y a une évolution par rapport au métier d’origine qui consistait à l’achat et à la revente de stocks, explique-t-elle. A présent, nous réalisons une sélection poussée lors de nos achats. Nous ne prenons plus de stocks résiduels. En achetant mieux, nous avons un plus fort écoulement, d’abord via la vente évènementielle puis via notre activité de boutique, avec des ventes sur des thématiques durant lesquelles nous faisons un nouveau travail de merchandising".


Ventes multimarques par catégorie et ventes de marques, la plateforme propose plusieurs formats - Bazarchic



Une approche plus premium qui, la dirigeante l’assure, permet de séduire les marques et de travailler sur le long terme. Même dans une situation où les marques ont été plus prudentes sur leurs achats dans le cadre de la crise liée à la pandémie de Covid-19 et n’ont pas reçu certaines collections à cause des problèmes de transport ?

"L’offre est plus compliquée depuis quelques mois, admet Elisabeth Cazorla, notamment en décoration à cause des problèmes de ruptures d’approvisionnement matière. Mais les équipes commerciales se démènent pour acheter les bons stocks. Et je pense que cela va se normaliser, les collections arrivent avec du retard et certains produits, très saisonniers, ne pourront pas être vendus directement par les marques". D’autant que le secteur devrait bénéficier à moyen terme du développement au niveau européen des interdictions de destruction de produits non alimentaires.

Aussi, entre ces perspectives et la dynamique globale de l’e-commerce, le secteur des ventes évènementielles sur le net a vu multiplier son nombre d’acteurs, notamment avec de nouveaux entrants visant des niches. "Nous gardons une proposition plus large que la plupart de ces acteurs, explique la dirigeante. Globalement, nous avons une base de 2 millions de clients qui sont plus âgés que ceux de ces nouveaux sites et qui sont très fidèles et stables. Nous avons surtout un business modèle qui est vertueux. Nos croissances et développements se font sur fonds propres, alors que ces acteurs sont dans une stratégie de levée de fonds. Ce sont des stratégies différentes".

Et pour s’assurer de consolider sa base de clients et afin d’en séduire d’autres, Elisabeth Cazorla explique avoir engagé des chantiers majeurs. L’un est apparent: les équipes logistiques qui étaient réparties sur deux entrepôts par le passé vont se retrouver dans le nouveau site de 18.000 mètres carrés à Herblay (Val d’Oise), afin d’optimiser les envois aux clients, notamment pour développer le dropshipping avec les marques et optimiser les temps de livraison. Une équipe œuvre déjà dans le nouveau site, l’autre doit arriver d’ici mars 2022. L’autre point concerne la transformation en profondeur de l’entreprise. "Le défi était de transformer une société tech créée il y a quinze ans, en apportant la culture du client. Ces sociétés digitales étaient initialement d’abord orientées sur l’efficacité opérationnelle. Nous avons mis le client au cœur des projets, recruté des profils sensibles à cette approche, renforcé la relation-client, intégré des outils sur le CRM, l’administratif. Et les équipes peuvent se concentrer sur la valeur ajoutée. C’est un changement de culture".

Une évolution qui doit transparaître via la nouvelle version du site Bazarchic et une nouvelle identité de marque. Des atouts qui devraient permettre à la plateforme d’atteindre les 100 millions d'euros de chiffre d’affaires d’ici 2025.
 

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