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Farfetch publie des ventes trimestrielles solides, mais les profits sont loin d'être au rendez-vous

Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
today 16 mai 2019
Temps de lecture
access_time 4 minutes
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La fin de l'année 2018 et le début de 2019 ont été très chargés pour Farfetch, qui s'est consacré à plusieurs gros projets : une introduction en Bourse, de nombreux lancements de produits, des développements technologiques, des acquisitions de marques... Mais comment toutes ces initiatives ont-elles contribué à atteindre l'objectif le plus important, c'est-à-dire les résultats commerciaux de l'entreprise ?


Le fondateur et PDG de Farfetch, José Neves


Les dépenses des clients sont en plein essor, mais l'activité demeure déficitaire ; l'entreprise américaine ne précise pas la date à laquelle elle deviendra enfin rentable, sans pour autant faire part de la moindre inquiétude - car tout semble se dérouler comme prévu.

Mercredi en fin de journée, Farfetch a déclaré que la valeur brute des marchandises de sa plateforme a augmenté de 44 %, à 415 millions de dollars (371 millions d'euros), au premier trimestre (de janvier à mars) et que sa croissance a bondi de 50 % compte non tenu de l'incidence du change. Le site a généré 1,53 milliard de dollars (1,37 milliard d'euros) en valeur brute des marchandises au cours des 12 derniers mois. Le chiffre d'affaires a quant à lui augmenté de 39 %, à 174 millions de dollars, et le chiffre d'affaires des services de la plateforme a augmenté de 43 % par rapport à l'exercice précédent, pour atteindre près de 142 millions de dollars.

L'augmentation de la valeur brute des marchandises est principalement liée à l'augmentation du nombre de consommateurs actifs (+64,3 % : 1,7 million), ainsi qu'à une augmentation du nombre moyen de commandes par consommateur actif et du nombre total de commandes.

Farfetch a également bénéficié de l'augmentation du nombre de clients, qu'on peut expliquer par le succès sa solution d'e-commerce personnalisée pour les marques, par la croissance des transactions effectuées sur ces sites de marques et par l'ajout de la plateforme Stadium Goods à son offre.

Le fondateur et PDG, José Neves, a qualifié ces chiffres d'« excellents » et déclaré qu'ils « dépassaient à la fois nos attentes et, de loin, la croissance du secteur des produits de luxe en ligne sur lequel nous avons encore gagné des parts de marché ».

Mais l'entreprise est toujours déficitaire. Sa perte ajustée avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement a augmenté de 6,6 millions de dollars (5,9 millions d'euros), en progression de 27,8 % par rapport au premier trimestre de l'exercice précédent, pour atteindre 30,2 millions de dollars, même si la marge ajusté avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement s'est légèrement améliorée, passant de -22,9 % à -20,7 %. Sa perte après impôts a grimpé de 115,4 %, pour atteindre 109,3 millions de dollars, la perte d'exploitation passant de 35,1 à 85,5 millions de dollars, pénalisée par la remontée du dollar.

Pour le deuxième trimestre, la société continue à s'attendre à une croissance explosive de son chiffre d'affaires, comprise entre 40 % et 42 %, et si la marge ajustée avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement devrait s'améliorer, elle restera négative et comprise entre -19 % et -21 %.

Période chargée

Les bénéfices, comme c'est le cas pour la plupart des entreprises technologiques les plus ambitieuses, semblent être un rêve encore inaccessible, ce qui n'a rien de surprenant étant donné les lourds investissements que l'entreprise consent pour stimuler ses activités.

Parmi les développements récents, on peut citer le lancement d'un projet pilote de vente au détail en réalité augmentée dans le nouveau flagship de Chanel à Paris, au 19 rue Cambon, l'acquisition de Stadium Goods, l'absorption de Toplife et le lancement sur la plateforme JD.com, son principal actionnaire par ailleurs.

Et Farfetch a travaillé d'arrache-pied pour renforcer son offre globale. Jil Sander, Etro et Mulberry ont toutes été ajoutées en tant que partenaires directs et la plateforme américaine a également élargi son approvisionnement direct auprès de marques comme Versace, Maison Margiela, Valentino, Phillip Plein, Zegna, et Pucci, entre autres.

Farfetch a également signé 30 nouveaux partenariats avec des boutiques, dont des spécialistes de la joaillerie, de l'horlogerie et de la mode enfantine, ainsi que son premier partenariat à Porto Rico, tout en approfondissant ses relations avec les grands magasins en ajoutant On Pedder et Joyce (qui font partie du groupe Lane Crawford Joyce) à la liste de ses partenaires.

De nouveaux sites locaux, plus de marques partenaires, de nouvelles initiatives de contenus et de programmes de fidélisation, une incursion dans le monde de la revente : l'entreprise se développe à un rythme quasi frénétique. 

Tout cela signifie qu'en dépit des pertes, l'entreprise estime qu'elle va dans la bonne direction et qu'elle est « très bien positionnée pour continuer à bénéficier de l'important essor sur le marché en ligne des produits de luxe ». 

Le directeur financier de Farfetch, Elliot Jordan, s'est dit « très satisfait du bon début d'exercice » ; pour lui, le premier trimestre a été « bien exécuté ». « La croissance rapide nous permet de continuer à investir à la fois dans l'engagement à court terme de nos clients et dans le développement à plus long terme de nos plateformes, soutenant notre croissance future. »

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