Fashion3 : le projet mode des Mulliez détaillé par ses dirigeants

Jean-Christophe Garbino, ex-CEO de Kiabi, a choisi les Fashion Tech Days, organisés au CETI de Roubaix, comme théâtre de sa première prise de parole publique concernant la nouvelle entité Fashion3. Un groupement de marques orchestré cette année par la famille Mulliez, réunissant Jules, Brice, Bizzbee, La Gentle Factory, Pimkie, RougeGorge, Grain de Malice et Orsay, et dont les contours se précisent peu à peu, puisque Pingki Houang, directeur omnicanal, Liz Simon, directrice de l’offre, et Frédéric Tacquet, directeur des ressources humaines, étaient également de la partie.


Le logo présenté par l'équipe dirigeante - LinkedIn

Même si juridiquement, un groupement européen d’intérêt économique a été mis sur pied, Fashion3 n’est surtout pas présenté comme un groupe, mais comme un écosystème devant permettre à ces griffes de prêt-à-porter de subsister. « Pourquoi on en est là ? Dans les années 1990, les différentes enseignes ont vécu la première transformation du monde de la mode, à savoir l’émergence de grands acteurs mondiaux comme Inditex, H&M, voire Primark, rappelle Jean-Christophe Garbino. Puis, il y a deux ou trois ans, la vague Amazon a déferlé, surtout aux Etats-Unis où le site est devenu numéro un des ventes d'habillement. Comme on sait que ce qui se passe aux Etats-Unis arrive ensuite chez nous, il faut nous armer pour survivre : il y aura des morts et nous n’avons pas envie de mourir. Il va falloir aller voler des parts de marché à d'autres acteurs ».

Cette alliance d’enseignes doit permettre une mise en commun des bonnes pratiques pour (r)amener chacune d'entre elles à son potentiel maximal. « L'Association Familiale Mulliez (AFM) veut réagir, certaines des marques de mode qu'elle détient ont eu beaucoup de succès et en sont plus loin aujourd'hui. C’est un état d’esprit avant tout, un système assez ouvert (par exemple à l'enseigne Tape à l'œil), et nous étudions aussi la mise en place de partenariats avec des universités ou des start-up. Nous devons inventer une nouvelle façon de travailler. »


Jean-Christophe Garbino, Frédéric Taquet, Liz SImon et Pingki Houang - FashionNetwork

Le nom Fashion3 a été pensé en interne et signifie Fast, Fun et Furious. Concrètement, trois axes de travail ont été identifiés : l'humain, le digital et le produit. « On est au début de la transformation profonde qui attend nos marques, expose Frédéric Taquet, leader RH et ex-DRH de HappyChic. Nous faisons le pari du collectif en s'appuyant sur l'intelligence de tous. En donnant aussi de l’autonomie aux collaborateurs, pour favoriser l'audace et la prise de risque. L’échec peut évidemment être une source d’apprentissage. Nous allons essayer de supprimer tous les process qui nous ralentissent, car il faut être plus agile face à la concurrence », a-t-il estimé.

Des synergies vont être mises en place, notamment du côté des achats. L’objectif concernant le produit est de « faire davantage de prédictif, livre Liz Simon, récemment nommée directrice de l'offre de Fashion3. C’est-à-dire tendre à ne produire que ce que l’on est capable de vendre et ce que les clients désirent. En détectant mieux les tendances et en poussant la créativité ». La dirigeante avance la notion de « smart market », se distinguant donc de la fast fashion. « Nous souhaitons prendre en compte la responsabilité - l’industrie de la mode, polluante, ayant pris du retard à ce sujet -, tout en injectant plus de réactivité. Il nous faut répondre à la fois au besoin des clients et des actionnaires. »

Et Pingki Houang, le directeur omnicanal, de renchérir : « Il ne suffit plus de produire et de faire de la publicité classique pour que ça se vende. Les pure players ont cassé les codes et le client est devenu roi ». Ce fameux client trône donc au centre de la stratégie de Fashion3 et tout l’enjeu est donc de récolter des données, « pour anticiper ce qu’il va vouloir demain. Il faut absolument mieux le connaître pour ne pas le perdre ». Et espérer faire augmenter sa fréquence d’achat. Fashion3 doit présenter, selon Pingki Houang, une vision complètement unifiée de l’expérience client. « Demain, nous pouvons pourquoi pas imaginer des avantages client intermarques au sein de l'écosystème Fashion3, afin d'avoir une meilleure connaissance de celui-ci et lui apporter des services ciblés ». La data collectée serait alors colossale. D’autres chantiers, qui n’ont pas encore été balayés par l’équipe dirigeante, attendent les marques de Fashion3, par exemple la mutualisation potentielle de certains services comme la comptabilité ou l’informatique. 

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