Hedi Slimane réagit aux critiques sur son premier défilé Celine

Défilé le plus attendu de cette Fashion Week parisienne, le premier show d'Hedi Slimane pour Celine a fait couler beaucoup d’encre. Très critiqué à l’étranger, le créateur a par exemple été qualifié de « Trump de la mode » par le Hollywood Reporter, tandis que pour le New York Times, il est devenu ringard puisque depuis son départ de chez Saint Laurent et son absence dans le paysage de la mode, « (les femmes) ont changé. Pas lui ». Pour réagir à ces critiques, Hedi Slimane a choisi la pastille du réalisateur Loïc Prigent intitulée 5 minutes de mode, diffusée sur TMC. C’est dans l’édition du 3 octobre, consacrée au premier défilé d'Hedi Slimane pour Celine, que le créateur a exercé son droit de réponse.
 
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Celine - printemps-été 2019 - Womenswear - Paris - © PixelFormula

Aux sujets des critiques parfois violentes, le directeur artistique a choisi de faire savoir à Loïc Prigent par écrit : « C’est toujours très décalé et j’ai toujours l’impression qu’on parle de quelqu’un d’autre. Du reste, l’esprit du défilé était léger et joyeux, mais la légèreté et l’insouciance en mode sont aujourd’hui remises en question. J’ai déjà vécu cela chez Saint Laurent. Il y a la politique, les conflits d’intérêts et les coteries, une posture prévisible, mais aussi des exagérations stupéfiantes de conservatisme et de puritanisme. La violence, c’est l’époque. L’esprit démagogique des réseaux sociaux qui sont pourtant un outil communautaire formidable. Il n’y a plus aucune limite, la haine est relayée et prend le dessus. »
 
Il poursuit : « Ce défilé était particulièrement exposé. Vu des Etats-Unis ou d’Angleterre, il s’agissait ici d’être scandalisé par mes robes courtes du soir. Les femmes ne seraient donc plus libres de mettre des mini-jupes si elles le souhaitent. Les comparaisons à Trump sont opportunistes, assez audacieuses et plutôt comiques, juste parce que les jeunes femmes de mon défilé sont libres et désinvoltes. Elles sont libres de s’habiller comme elles l’entendent. Pour certains en Amérique, j’ai aussi le mauvais goût d’être un homme qui succède à une femme. Il pourrait y avoir là et indirectement un sous-texte d’homophobie latente assez surprenant. Un homme dessinant des collections pour femmes, est-ce un sujet ? Au bout du compte, tout cela est une publicité inespérée pour cette collection. On n’en espérait pas tant. Cela cristallise surtout une forme d’anticonformisme et la liberté de ton si française chez Celine. »
 
Composé de 96 silhouettes femme et homme, le show inaugural d'Hedi Slimane pour la maison du groupe LVMH reprenait l’allure fétiche du créateur, fan de cool kids dégingandés passionnés de rock et de skate, qu’il a déjà largement développée chez Saint Laurent de 2012 à 2016. Fini le vestiaire de femme forte, à l’élégance intellectuelle et décalée qui a fait le succès de Phoebe Philo à la tête de Celine pendant dix ans. Epinglé par la critique, aussi, le manque de diversité au sein du casting, où certains ont dénombré 87 mannequins blancs (91 % de la cabine), alors que l’inclusion est l’un des sujets les plus discutés en mode ces derniers mois. 
 
Mais pour Bernard Arnault, intercepté à la fin du défilé par Loïc Prigent, c’est un succès. Le dirigeant de LVMH a « adoré » le show, où il a absolument « tout » aimé.

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