L'industrie textile reste fortement touchée par le travail forcé

Un nouveau rapport analysant les risques liés au travail forcé dans les chaînes d'approvisionnement de 43 entreprises mondiales de l'habillement et de la chaussure a révélé des performances décourageantes. Deux tiers des entreprises étudiées réalisent un score global inférieur à 50/100 et près d'un quart n'obtient qu'un score inférieur à 10/100.


Reuters

Le rapport « 2018 Apparel and Footwear Benchmark », publié par Know the Chain, a révélé que les sociétés de luxe LVMH, Salvatore Ferragamo et Prada ont toutes obtenu un score inférieur à 15/100, tandis que les sociétés de chaussures Skechers et Foot Locker ont respectivement obtenu 7/100 et 12/100. Parmi les entreprises les mieux notées, on retrouve Adidas au premier rang avec une note de 92/100, Lululemon à 89/100 et Gap Inc. à 75/100. Dans l'ensemble, le rapport attribue à l'industrie du vêtement et des chaussures une note moyenne de 37/100. 

L'étude comparative évalue les entreprises sur sept critères, « les principaux domaines où les entreprises doivent prendre des mesures pour éradiquer le travail forcé de leurs chaînes d'approvisionnement », explique Know the Chain sur son site Internet, chaque critère faisant l'objet d'une pondération équivalente pour attribuer à l'entreprise un score global compris entre 0 et 100. Ces critères concernent l'engagement et la gouvernance d'entreprise, la traçabilité et l'évaluation des risques, les pratiques d'achat, le recrutement, la capacité des travailleurs à exprimer leurs doléances, la surveillance et les mesures correctives.

Selon Know the Chain, les industries du vêtement et de la chaussure sont de plus en plus dépendantes des travailleurs migrants, particulièrement vulnérables face au travail forcé en raison de leur statut souvent précaire. Know the Chain explique que ces travailleurs peuvent se faire retirer leur passeport, être séparés de leur foyer ou de leur famille, être forcés à travailler pour un salaire dérisoire - voire nul - et être « privés de possibilités de recours » dans les entreprises qui n'appliquent pas de mesures préventives. 

La question des frais de recrutement facturés aux travailleurs est particulièrement préoccupante, au point qu'ils se retrouvent parfois pris dans une situation de servitude involontaire à cause de cette dette inacceptable. Selon le rapport, 18 entreprises ont reçu une note de zéro sur 100 en matière de recrutement - ce critère mesure l'approche d'une entreprise pour réduire le risque d'exploitation des travailleurs par les agences de recrutement, éliminer les frais pendant le processus de recrutement et protéger les droits des travailleurs migrants.

Know the Chain constate qu'Adidas et Lululemon sont les seules entreprises qui empêchent l'exploitation par les agences de recrutement, en exigeant l'emploi direct des travailleurs dans leurs chaînes d'approvisionnement. Dans un communiqué de presse, Know the Chain a déclaré que les deux entreprises « ont également fourni la preuve que leur mécanisme de règlement des réclamations est accessible et activement utilisé par les travailleurs de leur chaînes d'approvisionnement ».

Traduit par Paul Kaplan

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