La Seine & moi, de la fausse fourrure chic made in Paris

La Seine & Moi s'apprête à fêter ses deux ans. Entre son positionnement végane, une production dans des ateliers à Paris et une stratégie commerciale tournée vers la vente directe via son e-shop, la griffe lancée en 2016 par Lydia Bahia a l'intention de faire parler d'elle.


L'un des modèles de la collection 2017 - La Seine & moi

La jeune créatrice, qui a fait des études de droit et de journalisme, réfléchissait depuis 2014 à un concept de fourrure végane. Quand elle lance sa marque deux ans plus tard, après avoir trouvé des fournisseurs et un atelier parisien, la presse s’enthousiasme pour ses manteaux à poils respectueux de l’environnement et de la cause animale. Mais tique devant les prix, le public n'étant pas du tout préparé à l’idée de dépenser 500 euros dans une pièce en fausse fourrure.

« A ce moment-là, il n’y avait que les marques comme H&M et Zara qui proposaient de la fausse fourrure en France, donc les clients n’étaient pas habitués à mettre plus de 70 ou 100 euros dans un tel produit », explique Lydia Bahia. Deux ans plus tard, la griffe, à qui l'association de défense des animaux Peta a décerné le prix de la meilleure fausse fourrure en 2016, a vu ses ventes multipliées par huit, selon sa créatrice.

En plus d’une couverture médiatique importante en France et à l’étranger, La Seine & moi a bénéficié de l’engouement général autour de la fausse fourrure en 2017 (Michael Kors, Gucci et The Kooples ont décidé de ne plus utiliser de poils d’origine animale). Et a dans la foulée participé à son premier salon, Paris sur Mode, en mars dernier. Un événement utile pour la marque encore peu habituée à la vente en B to B, même si « d’ordinaire ce n’est pas nous qui démarchons les distributeurs, nous avons la chance de les voir venir jusqu’à nous », souligne la jeune femme.
 
Présente chez Vakko, grand magasin majeur en Turquie ou encore chez Takashimaya au Japon, La Seine & moi est distribuée dans huit pays cette année. Et annonce pour septembre de nouveaux points de vente revendeurs. En France, mis à part deux pop-up stores parisiens ouverts à Saint-Germain-des-Prés et rue Saint-Honoré, la griffe n’a pas encore de distributeurs. Un parti pris que Lydia Bahia explique par ses chiffres de vente : « L’an dernier, j’ai réalisé environ 90 % de mes ventes à l’export et 10 % en France. Cette année, ça a un peu progressé, avec 60-70 % à l’export et 30-40 % en France ».
 
Mais si la marque n’exclut pas d’ouvrir davantage de pop-up français, près des stations de ski par exemple, elle ne compte pas investir dans une boutique en propre pour l’instant. « Même si La Seine & moi a gagné la reconnaissance du public, la marque reste très jeune et a encore besoin d’asseoir sa notoriété avant l’ouverture d’un magasin. De toute façon, ce n’est pas encore notre priorité, ni notre stratégie. Nous préférons avoir très peu de points de vente et nous concentrer sur la vente directe sur Internet », précise Lydia Bahia.
 
Pour gagner en visibilité, La Seine & moi peut compter sur un réseau d’influenceuses adeptes de la marque, mais aussi sur un partenariat avec le jeune site Lougage, qui propose de louer des valises de vêtements pour partir en vacances ou en week-end.
 
Par ailleurs, la griffe parisienne, dont la nature de l’offre est saisonnière, réfléchit à lancer des produits qui lui permettraient d’exister entre mai et août, période où son activité ralentit.

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