La maison Sonia Rykiel se place en redressement et cherche un repreneur

La maison de prêt-à-porter Sonia Rykiel, rachetée en 2012 par la famille Fung, Jean-Marc Loubier et le fonds singapourien Temasek réunis sous l'entité First Heritage Brands, a demandé son placement en redressement judiciaire à la recherche d'un repreneur, a indiqué mardi une source proche du dossier, confirmant les informations du quotidien Les Echos. Le tribunal a accédé à cette demande mardi midi, a pu confirmer FashionNetwork.com.


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Sonia Rykiel - printemps-été 2019 - Womenswear - Paris - © PixelFormula

Un redressement d'une durée de deux mois, selon nos informations. Deux mois pendant lesquels un administrateur judiciaire aura à rechercher d'éventuels repreneurs pour maximiser le nombre d'offres et leur qualité. En difficultés financières depuis plusieurs années, le placement en redressement judiciaire a en effet pour but de permettre à Sonia Rykiel de poursuivre l'activité en attendant de trouver un repreneur, chose qu'elle n'a pas réussi à faire seule, c'est pourquoi elle se place aujourd'hui entre les mains de la justice.

La maison Sonia Rykiel compte environ 150 salariés qui attendent donc de savoir si ce placement en redressement permettra de concrétiser une ou des marques d'intérêt perçues ces derniers mois.

En 2012, la maison de mode - une des dernières encore indépendantes en France - avait décidé de céder 80 % de son capital au fonds d'investissement chinois Fung Brands, holding de la famille Fung de Hong Kong. Le groupe First Heritage Brands, né de la montée à 100 % du capital début 2016, auquel sont également associés Jean-Marc Loubier, son dirigeant, et le fonds singapourien Temasek, possède aussi la marque belge de maroquinerie de luxe Delvaux. Celui-ci aurait investi près de 200 millions d'euros dans la griffe depuis 2012. Il entend aujourd'hui se désengager totalement de la maison et passer à la main à un nouvel investisseur pouvant financer une nouvelle relance.

Faute de résultats, en 2016, quelques mois après la mort de son emblématique créatrice éponyme, la griffe avait annoncé la suppression d'un quart de ses effectifs afin de se relancer. Des efforts infructueux puisqu'en 2018, le chiffre d'affaires était tombé, selon Les Echos, à 35 millions d'euros, presque deux fois moins qu'en 2012 lors du rachat, avec plus de 30 millions de pertes opérationnelles.

Le parc de boutiques s'est également considérablement réduit, passant en quelques années d'une trentaine à une dizaine de magasins à l'enseigne (dont six en France et seulement deux à Paris désormais), auxquels s'ajoutent également des corners en grands magasins.

Le cinquantième anniversaire de la marque, célébré l'an dernier par plusieurs événements festifs, n'avait pas réussi à redynamiser les ventes. La directrice artistique de la maison depuis 2014, Julie de Libran, avait quitté ses fonctions le mois dernier, quelques semaines donc avant cette annonce de redressement et le prochain changement de propriétaire qui s'en suivra.

Un nouveau directeur général avait également été nommé l'été dernier par First Heritage Brands, en la personne de Perry Oosting, prenant la suite d'Eric Langon, qui était en poste depuis le rachat en 2012.

Figure de la mode parisienne, reconnaissable à sa chevelure rousse flamboyante, Sonia Rykiel s'est éteinte en août 2016 à l'âge de 86 ans. La « reine de la maille » s'était lancée dans la mode en mai 1968 et son petit pull moulant comme ses rayures colorées étaient devenus sa marque de fabrique au fil des décennies.

L'an dernier, deux maisons parisiennes avaient déjà connu pareille situation, Carven et Lanvin, toutes deux passées aux mains de groupes chinois pour se relancer, à savoir respectivement Icicle et Fosun.

Avec AFP

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