Le distributeur Sears va demander sa liquidation

New York (Reuters) - Sears Holdings va demander mardi sa mise en liquidation après l’échec d’un plan de reprise de 4,4 milliards de dollars (3,85 milliards d’euros) soumis par son président Edward Lampert, ce qui pourrait entraîner la disparition de la chaîne de grands magasins après 126 années d’existence, a-t-on appris de sources proches du dossier.


Le président Edward Lampert avait proposé un plan de reprise la semaine dernière pour sauver l'enseigne - Photo d'archives/REUTERS/Peter Morgan

La mort de cette icône de la distribution aux Etats-Unis illustrerait les difficultés persistantes du secteur traditionnel face à la concurrence des grands acteurs du commerce en ligne comme Amazon, qui lui prennent des clients et tirent les prix vers le bas.

Sears, qui s’est déclaré en faillite en octobre, pourrait devoir fermer les centaines de magasins qu’il continue jusqu’à présent de faire fonctionner, ce qui pourrait faire perdre leur emploi à 68 000 personnes, ont dit les sources. Dans le cadre d’une telle procédure, ses vastes stocks d’équipements et de mobilier pourraient être vendus de manière accélérée, ont ajouté les sources.

Lors de cette même audience devant un tribunal de commerce de New York mardi, Edward Lampert et son fonds ESL Investments, devraient présenter les détails de leur offre et plaider via leurs avocats en faveur d’une relance des efforts pour tenter de sauver Sears, ont dit les sources.

Le juge chargé du dossier, Robert Drain, pourrait accorder un délai supplémentaire à Edward Lampert pour améliorer son offre, selon ces sources. Aucune mise aux enchères d’actifs de Sears n’est prévue avant lundi.

Les représentants de Sears et d’Edward Lampert n’ont pas réagi dans l’immédiat aux informations de Reuters.

Des années d'agonie

L’un des principaux points d’achoppement dans les négociations entre Sears et Edward Lampert a porté sur la reprise, dans l’offre de ce dernier, des coûts accumulés par la chaîne de grands magasins dans le cadre de sa procédure de faillite, ont dit certaines sources.

Certains créanciers ont en outre plaidé en faveur d’une mise en liquidation, non seulement dans l’espoir de récupérer davantage d’argent mais en raison des incertitudes juridiques qu’ils perçoivent dans l’offre de reprise d’Edward Lampert.

Une mise en liquidation de Sears mettrait fin à une agonie de plusieurs années, marquée par une baisse du chiffre d’affaires, la fermeture de centaines de magasins, une succession de pertes et de vaines tentatives de redressement par Edward Lampert, qui a acquis le groupe en 2005 via une opération de 11 milliards de dollars.

Créé à la fin du 19e siècle, Sears a connu le succès avec ses ventes par catalogue de produits aussi variés que les jouets, les médicaments, les gramophones, les voitures ou encore les pierres tombales, qui en faisaient une sorte d’Amazon de son époque. Il risque désormais de connaître le même sort que Toys’R’Us, première chaîne de magasins de jouets aux Etats-Unis, contrainte à la liquidation six mois après sa faillite en 2017.

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