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Le gouvernement affiche son intérêt pour "la mode éthique"

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AFP
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5 sept. 2006

PARIS, 5 sept 2006 (AFP) - Le gouvernement affiche son intérêt pour "la mode éthique", considérée désormais comme "un secteur porteur": il vient de publier un "mémento" sur le sujet et deux ministres ont exprimé leur soutien aux entreprises engagées dans cette démarche.


Des ouvriers transportent une récolte de coton au Burkina Faso, en janvier 2005 - Photo : Issouf Sanogo/AFP

A la différence de la mode "équitable", qui veut rééquilibrer les relations Nord/Sud, la mode "éthique" se contente d'exiger le respect des droits de l'homme au travail (interdiction du travail forcé, du travail des enfants, de la discrimination raciale ou sexuelle, liberté syndicale, conditions d'hygiène et de sécurité satisfaisantes).

"Trop longtemps les Etats se sont dédouanés de leurs responsabilités", estime le ministère de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement dans son "Mémento de la mode éthique", destiné aux consommateurs et aux professionnels, publié à l'occasion du salon Prêt-à-Porter Paris.

"Symbole de futilité, de la société de consommation à son paroxysme, la mode véhicule des valeurs a priori peu équitables (tous les peuples n'y ont pas accès) et peu éthiques (les entreprises du textile sont particulièrement touchées par les accusations de dérives sociales dans les pays à bas coût de main d'oeuvre)", relève ce document.

En outre, "synonyme d'éphémère et de versatilité, vouée à des cycles courts saisonniers", la mode "paraît difficilement associable au développement durable".

La mode éthique devient pourtant "de plus en plus un phénomène de consommateurs (...), il y a une demande pour ce type de produits en France", souligne le ministre délégué à l'Industrie, François Loos, qui a présidé lundi une table ronde sur le sujet au salon.

Selon son entourage, on assiste désormais à "la rencontre de trois acteurs-clés: des associations qui savent faire (la promotion du commerce équitable), des industriels intéressés et une clientèle".

Sur près de 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires de l'industrie française de la mode en 2003, la mode éthique représenterait moins d'1%, selon le ministère de l'Emploi.

Mais elle gagne du terrain. La Redoute a ainsi produit pour sa collection automne-hiver 2005-2006, 200.000 T-shirts "équitables" soit 5% du volume des pièces de prêt-à-porter vendues par le vépéciste. Armor Lux fournira en 2007 des uniformes "éthiques" à 100.000 postiers, soit 350.000 pièces de coton.

Le fabricant breton fait partie de la dizaine de PME françaises impliquées dans la démarche "Fibre citoyenne" de l'association Yamana, qui délivre une certification éthique et bénéficie du soutien des pouvoirs publics. Par ailleurs, huit marques françaises sont agréées par l'association Max Havelaar pour commercialiser des produits fabriqués à partir de coton équitable.

M. Loos s'est dit "tout à fait prêt à appuyer le développement, la mise au point, la réalisation de chartes" lors de sa visite au salon qui avait consacré un espace spécifique à la mode éthique. "Si vous êtes prêts à monter une charte, une labellisation, un système qui garantisse aux consommateurs que oui, ça c'est vraiment du commerce éthique, eh bien moi j'aiderai à la faire", a-t-il lancé aux représentants des entreprises.

Vendredi, son homologue du Commerce extérieur Christine Lagarde s'était réjouie que la mode éthique soit "en train de gagner du terrain" et avait souhaité qu'elle soit durablement présente au salon.

De son côté, le ministère des Affaires étrangères est impliqué dans plusieurs projets concernant la filière textile au Mali, au Sénégal et au Cameroun.


Par Dominique SCHROEDER

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