Les French Days : six enseignes nationales lancent un Black Friday de printemps

Sans attendre les propositions de Bercy sur ce terrain, six enseignes et pure players annoncent qu’ils tiendront du 27 avril au 1er mai les « French Days », déclinaison printanière du Black Friday, période courte de forts rabais importée des Etats-Unis et à présent largement suivie en France au mois de novembre.


59 % des commerces franciliens auraient participé au Black Friday - AFP

L’annonce a été faite par un communiqué commun des six instigateurs du rendez-vous : La Redoute, ShowroomPrivé, RueduCommerce, Fnac Darty, Cdiscount et Boulanger. Des acteurs qui ont choisi pour cette session inaugurale le pont du mardi 1er mai, la fête du travail étant amenée à occasionner de nombreux week-ends prolongés, souvent propices à une hausse de la fréquentation et du chiffre d’affaires des lieux de shopping.

« Le succès désormais bien installé du Black Friday de novembre montre que les consommateurs français apprécient les opérations de promotion spéciales, en plus des deux rendez-vous traditionnels des soldes d’été et des soldes d’hiver, indiquent les protagonistes. Avec "Les French Days", le Black Friday à la française, les grandes enseignes du e-commerce souhaitent ainsi offrir une expérience client inédite qui réponde aux nouveaux modes de consommation des Français et les familiarise encore davantage au commerce digital. »

Sur fond de réforme des soldes

L’idée n’est pas nouvelle et est même exprimée depuis un an par l’exécutif en place. Ainsi, dès son arrivée au ministère de l’Economie en juin 2017, Bruno Le Maire indiquait envisager l’instauration d’un nouveau moment fort de promotions dans l’année, citant clairement en exemple le Black Friday. En janvier dernier, à l’occasion de l’annonce du raccourcissement de la durée des soldes, l'idée de la création d’un équivalent printanier à la période de rabais de novembre était reprise par la secrétaire d'Etat Delphine Gény-Stephann.

L’arrivée des French Days pose deux questions : d'autres enseignes s’y joindront-elles ? Et pour quel résultat ? Une étude menée en début d’année par la CCI Paris Île-de-France relève que 59 % des commerces franciliens auraient participé au Black Friday du 24 novembre dernier, contre 38 % un an plus tôt. S’ils étaient 69 % à s’estimer satisfaits des résultats obtenus, 35 % du panel soulignaient que le rendez-vous n’avait occasionné qu’une hausse de 10 % des ventes. Plus largement, les fédérations nationales de commerçants ont largement expliqué les ventes décevantes de décembre par le déclenchement anticipé des achats de Noël à la mi-novembre en raison du Black Friday.


La durée des soldes est jugée trop longue par de nombreux commerçants - AFP

Cette nouvelle période s’inscrit dans le vaste débat encadrant la durée et le calendrier des soldes, à l’heure où une large part des ventes d’habillement est désormais réalisée lors de périodes de promotions. La Commission de concertation du commerce (3C) a remis à Bercy un rapport faisant état de points de convergence entre professionnels sur ces questions. Il en ressort notamment que 80 % des professionnels se disent insatisfaits des soldes. Mais le rapport illustre également de manière chiffrée les désaccords insolubles touchant aux dates légales de soldes entre les différents réseaux et organismes professionnels.

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