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Les bijoux "Peacebomb", de la guerre du Vietnam à la Fashion Week

Par
AFP
Publié le
today 14 févr. 2015
Temps de lecture
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Quarante ans après la fin de la guerre du Vietnam, des bombes lâchées au Laos sur la piste d'Ho Chi Minh, refondues en bijoux, reviennent sur le sol américain dans le monde de la mode à New York.

Colliers à pendentifs en bronze ou argent massif moulés sur des éclats de bombes originels ou en forme d'obus issus d'une explosion bien réelle, petits bracelets d'aluminium fins incrustés de diamants, d'un saphir ou d'or, les créations de la startup new-yorkaise Article 22 sont d'une beauté tragique. Presque dérangeante.

Les bijoux Article 22 sont vendus à la boutique The Curve à New York pendant la Fashion Week

De brefs messages gravés sur le métal chargé d'histoire rappellent un conflit resté l'un des grands traumatismes de l'Amérique: "La paix est la bombe", "L'amour est la bombe", "Lâché et fabriqué au Laos".

"On voulait que nos bijoux poussent à l'échange, à la conversation", confie Elizabeth Suda, qui a créé Article 22 après avoir fait ses classes chez le maroquinier Coach. "Quand vous voyez quelqu'un porter une bombe, vous allez demander: Mais c'est quoi? Pourquoi? De manière très directe, littérale, ça raconte une histoire", poursuit-elle.

Car, au-delà de leur légèreté affichée, l'impact de ces bijoux baptisés "Peacebomb", qui font leur entrée cette semaine en marge de la Fashion Week à New York sur les étals de la boutique tendance The Curve, n'a rien d'accessoire.

Depuis leur création en 2010, la vente des premières collections a financé le déminage de quelque 65.000 m2 de terres au Laos, qui détient le triste record du pays le plus bombardé au monde par habitant. Quelque 3 m2 sont "nettoyés" par bracelet, et jusqu'à 78 m2 pour un collier à 1.250 dollars.

Outre des dons à un fond de développement local, "environ 10% du coût de production va dans le déminage, jusqu'à 20 à 25% pour les pièces les plus chères", détaille la jeune Américaine.

"Sans des efforts comme ceux d'Article 22, les bombes non explosées pourraient mettre en péril la santé et le futur de générations de Laotiens", salue Channapha Khamvongsa, de l'ONG Legacies of War. La tâche reste toutefois immense, puisque 80 millions d'engins contaminent encore le pays.

Victimes collatérales des efforts de Washington pour couper les voies d'approvisionnement des combattants nord-vietnamiens, les hauts plateaux de la province de Xieng Khuang ont été assommés de bombes à sous-munitions pendant 9 ans, de 1964 à 1973.

L'histoire que racontent la jeune entrepreneuse et son associée française Camille Hautefort commence là, dans le village de Ban Naphia du milieu des années 1970, lorsque les villageois commencent à reprendre possession de leurs terres.

Entre rizières et forêts, les cratères jonchent le territoire comme d'énormes plaies ouvertes et dans le village, des mines non-explosées interdisent tout vagabondage. Mais, à côté d'ateliers à toits de pailles et de fours artisanaux, s'entassent des fragments divers de bombes explosées, bientôt fondus en un liquide dense et brillant.

"Ils se sont servis des éclats de bombes en métal tombés partout pour fabriquer des cuillères à soupe", raconte Mme Suda, à l'autre bout du monde, depuis le petit bureau à Brooklyn de la startup philanthropique. "J'ai trouvé ça génial. Ils transformaient le négatif en quelque chose de positif et d'utile".

Impatiente de transmettre cette histoire, elle lance l'idée d'en faire des bracelets, promettant d'acquérir les 500 premiers pour quatre fois le prix local. L'initiative "Buy Back the Bombs" (rachetez les bombes) est née.

Au fil des ans, les créations du duo franco-américain se sont affinées, diversifiées. Les bijoux issus des bombes de Ban Naphia se vendent dans 39 pays via 150 revendeurs, avec l'aide morale de parrains discrets mais réputés et de fashionistas telles que Zoe Kravitz, Angela Lindvall ou Olivia Wilde.

Cette tension narrative, voire selon certains subversive, "c'est là toute notre force", reconnaît Camille Hautefort. "Les gens sont tellement frappés par ce qu'ils portent qu'ils en relaient ensuite l'histoire".

Pour Nevena Borissova, de la boutique The Curve, portée comme elle l'est par une "très bonne création artistique", cette "histoire" pourrait séduire jusqu'aux plus hautes cimes. Jusqu'à une Beyoncé ou Rihanna, qui sait.

Car, in fine, pour Sass Brown, spécialiste des questions éthiques dans la mode à l'école new-yorkaise FIT: "être subversif, défier les gens et les forcer à réfléchir, c'est vraiment ça la mode".

Par Prune PERROMAT, avec Christophe ARCHAMBAULT à Ban Naphia au Laos

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