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Manufacture Française du Textile : la réactivité comme arme du Made in France

Publié le
today 16 oct. 2019
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Née en décembre 2018 de la reprise des entreprises nordistes VIT ( Vielsy), Coloredo et Velysam (Caudry), la Manufacture Française du Textile dispose aujourd'hui d'une outil verticalisé intégrant filature, tricotage circulaire et teinture/finition. Un pari "fou", pour ses dirigeants, qui en plus de préserver un savoir faire Made in France, entendent aller vers plus de durabilité.


MFT


Aujourd'hui forte de 84 employés, l'entreprise a notamment fait des délais l'un de ses chevaux de bataille. Après la commande de tissus côte, jersey, milano ou crêpe, selon les coloris et finitions demandées, la livraison intervient dans un délai maximal de 15 jours, du fait d'un outil de proximité allant de l'achat des fibres jusqu'à la livraison aux façonniers.

"Cette réactivité est devenue essentielle sur ce marché, car c'est ce qui nous permet de nous démarquer des Chinois et des Turcs, qui sont très agressifs au niveau des prix, qui n'ont pour certains pas la qualité que nous nous imposons, mais qui commence tout de même à avoir des choses valables", explique à FashionNetwork.com le directeur général Simon Chatelain, pour qui cette production locale fait également écho aux nouvelles attentes. "Aujourd'hui, on cherche un aspect, un touché, mais aussi une histoire, une provenance, une éthique. Et notre défi prend tout son sens du fait que nous comptions parmi les derniers des Mohicans, notamment dans le domaine de la filature".

Labellisée Nord Terre Textile, l'entreprise opère notamment avec Livaeco, la viscose éco-conçue du groupe Birla. Mais au-delà des aspects coton ou viscose, l'entreprise prend aussi le pari des mélanges, incorporant du lin ou de la laine pour obtenir des touchés et tombés variés. Président de la société, Olivier Maroille évoque ainsi le lieu commun voulant que le coton offre des tissés plus doux, mais indique obtenir un meilleur résultat avec un mélange viscose laine moins onéreux. Tout en rappelant que la production de 8 millions de t-shirts en coton nécessite l'équivalent de 8 000 piscines olympiques en eau, la viscose n'en réclame que seize piscines.


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"C'est un projet un peu fou", confie Olivier Maroille. "On va essayer de percer sur le marché franco-européen, et notamment sur les pays limitrophes. L'idée est d'être compétitif, d'acheter mieux, fournir un produit de qualité supérieur à un prix qui puisse réellement nous positionner sur le marché. Depuis le rachat, les clients nous suivent. Nous voulons les conserver, mais nous voulons aussi trouver d'autres visions, d'autres marchés, et mettre nos équipes et nos matières en valeur".

Une part importante du projet porté par la Manufacture Française de Textile est la valorisation des équipes, dans une région où l'industrie est largement associée aux friches délaissées. "Il faut leur faire comprendre qu’ils n’ont pas à rougir de leur production face à nos concurrents", explique les dirigeants, qui prônent par ailleurs une meilleure information des consommateurs. MFT est ainsi parti à la conquête des réseaux sociaux, afin de valoriser ses équipes et produits en montrant l'humain derrière le produit et marquer l'esprit des clients finaux.

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