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Moins de défaillances dans la mode en France en 2018, mais davantage de gros acteurs touchés

Publié le
today 4 oct. 2019
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Le secteur textile, habillement et cuir a enregistré 1758 défaillances en 2018 (redressement ou liquidation judiciaire), soit une baisse de 8,5 % sur un an. Cela correspond à 6 272 emplois menacés par ces procédures, tandis que la moitié des sociétés concernées a entre trois et dix ans d’ancienneté, rapporte l’étude publiée par Ellisphere, société prestataire en informations financières et commerciales. Ce taux de défaillance en baisse ne doit pas occulter de réelles difficultés éprouvées par certains acteurs, car de plus en plus de marques établies et importantes accusent le coup. Ainsi, on se souvient des plans sociaux engagés chez Happychic, détenteur des enseignes Jules, Brice, Bizzbee (466 emplois menacés sur près de 3 200), groupe Eram ( 274 suppressions visées), Pimkie (208 postes en danger sur 1 900) ou encore l’enseigne de périphérie Défi Mode qui a quant à elle cessé ses activités, entraînant la fermeture de ses 60 magasins et le licenciement de ses 220 salariés au premier semestre 2019.


Ellisphere compile notamment des informations légales et émanant de l’INSEE. - Pixabay


Il est en effet à noter que, sur les douze derniers mois, si 92 % des défaillances constatées émanent de TPE (moins de dix salariés), les entreprises de taille intermédiaire (de 250 à 4999 salariés) représentent 0,2 % des entreprises en difficulté, soit 50 % de plus que sur l’année précédente.

Au global, sur le segment textile-habillement-cuir, ont été recensées en France 113 262 entreprises en 2018 (qui emploient en tout 335 136 salariés), alors qu’elles étaient 116 762 en 2017. 30 % des sociétés actives ont plus de 20 ans d’existence et emploient 64,8 % des salariés du secteur. Cela désigne entre autres les grands réseaux historiques du prêt-à-porter.



Dans le détail, Ellisphere rapporte qu’en dix ans, le seul segment de l’industrie textile, soit l’amont de la filière qui représente aujourd’hui 13,2 % des entreprises du secteur textile-habillement-cuir, « a été le plus durement affecté par la concurrence. La moitié de sa production et les deux tiers de ses effectifs ont disparu. Dans ce secteur, toujours en difficulté, les professionnels espèrent limiter le déclin avec la tendance du made in France et le développement des tissus techniques innovants. »

Concernant l’habillement (soit 81,8 % des sociétés actives), « restructurations d’enseignes, fermetures de points de vente et nouveaux modes de consommation marquent le déclin du secteur qui devrait se poursuivre en 2019 (-0,9 % de chiffre d’affaires à fin août) ».

Si aux extrêmes, les positionnements discount et luxe semblent épargnés - excepté la maison Sonia Rykiel -, ce sont les marques milieu de gamme qui peinent le plus. Citons ainsi parmi les défaillances des douze derniers mois (à fin août 2019), New Look France, Olly Gan ou encore Bruno Saint-Hilaire.

Le panorama de l'année 2019 n'est pas encore dressé, mais il se pourrait donc qu'il soit plus sévère que celui de l'année 2018. Au déclin conjoncturel du secteur s'additionne également les conséquences du mouvement des gilets jaunes, qui, selon un document publié par le Sénat cet été, s’aggraveront pour les entreprises au second semestre 2019. 

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