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29 avr. 2021
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Réouverture des commerces: ce sera le 19 mai

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29 avr. 2021

Les actions de communication des acteurs du commerce n'ont pas permis de faire fléchir le gouvernement. Alors que les fédérations militaient pour une réouverture le 10 mai, la réouverture des commerces est finalement prévue pour le 19 mai. C'est ce que révèlent ce jeudi, les titres de la presse quotidienne régionale auxquels le président de la République a accordé une interview afin de présenter le calendrier de déconfinement du mois de mai aux Français. Si l'ensemble de ces échanges sera détaillé dans les éditions de ce vendredi, de premiers éléments clés ont été diffusés.


AFP


Cet agenda annonce quatre étapes clés. La première dès le 3 mai, concerne notamment la fin, pour les citoyens, de la nécessité de présenter une attestation pour les déplacements en journée mais aussi la fin des restrictions des déplacements inter-régionaux. En revanche, le couvre-feu est maintenu à 19 heures dans toute la France.

Pour les acteurs du commerce, qui expriment depuis de longues semaines leur attente d'une fin des fermetures, qui frappe certains sites depuis fin janvier, l'annonce a un goût amer. Leur souhait de pouvoir ouvrir avant le pont d l'Ascension n'a pas été entendu. En revanche, avec cette réouverture le mercredi 19 mai, les commerçants pourront préparer le week-end de Pentecôte. Le CNCC a d'ailleurs ce jeudi affiché la volonté des centres commerciaux de renforcer leur protocole sanitaire afin de pouvoir rassurer et accueillir leurs clients.

"Nous n'avons pas été entendus", déplore auprès de FashionNetwork.com Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du Commerce (grands magasins et enseignes d'habillement/chaussure), qui souligne que "Mai est un mois important aussi bien en termes de chiffre d'affaires que de marges".

"Nous avions essayé d'expliquer et de convaincre le gouvernement qu'en ouvrant le 10 mai, cela permettrait de répartir les flux sur une période forte pour le commerce. Là nous sommes bien au-delà du 15 mai, estime Emmanuel Le Roch, délégué général de Procos (Fédération pour l'urbanisme et le développement du commerce spécialisé). Mais nous sommes satisfaits d'avoir une date ferme. C'est important pour les dirigeants et les collaborateurs de pouvoir se projeter".

Yohann Petiot salue également les points positifs de ce calendrier. "Déjà, nous avons enfin une date, une perspective qui permet de se mettre en action, là où l'incertitude créait un grand stress chez les commerçants. L'autre point positif est qu'il s'agit d'une réouverture pour tous les commerces, et partout, Il était très important que cela soit affirmé, car dans certains départements les commerces en seront déjà à trois mois de fermetures en 2021".

« En rouvrant le 19 mai, la saison est déjà en grande partie compromise. Surtout si les soldes, une période durant laquelle les commerçants ne font pas de marge, arrivent déjà un mois plus tard, contextualise Pierre Talamon, membre du bureau de la Fédération Nationale de l’Habillement (FNH). Les boutiques de mode indépendantes sont pour beaucoup sur-stockées et surendettées, et certaines sont à l’agonie ».

Le protocole d'ouverture devrait être le même qu'en janvier, à savoir une jauge de huit mètres carrés par personne pour les surfaces de moins de 400 mètres carrés et de dix mètres carrés pour les magasins de plus de 400 mètres carrés.

Les titres de PQR précisent qu'à cette date du 19 mai le couvre-feu sera repoussé à 21 heures et qu'outre les commerces, les lieux culturels accueillant du public, comme les cinémas, les théâtres et les musées, mais aussi les enceintes sportives, pourront accueillir jusqu'à 800 personnes en intérieur et jusqu'à 1.000 personnes en plein air. La date doit aussi marquer un tournant avec la réouverture annoncée des terrasses, des bars et restaurants qui pourront accueillir jusqu'à six clients par table.

Ne pas passer le seuil d'incidence de 400 pour 100.000 personnes



Toutefois, cette annonce est tempérée par la prise en compte de l'évolution sanitaire. En effet, selon la PQR, l'Elysée a précisé que ces ouvertures concerneront l'ensemble des commerces de France "sauf situation sanitaire départementale dégradée". Cela signifie que pour les départements qui souffrent d'un taux d'incidence supérieur à 400 pour 100.000 habitants, il faudra encore attendre pour voir l'activité commerciale autorisée. Pour rappel, le taux d'incidence représente le nombre de personnes, sur une semaine glissante, testées positives (RT-PCR et tests antigéniques confondus) pour la première fois depuis plus de 60 jours rapporté à la taille de la population.

En l'État, selon les derniers chiffres du 25 avril, la ville de Paris, avec un taux d'incidence de 441 ne serait pas concernée par la réouverture des commerces. C'est également le cas de la majorité des départements de l'Ile-de-France (Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis, Val d'Oise, Essonne et Seine-et-Marne). L'Oise et les Bouches-du-Rhône sont aussi concernés. A noter que le seuil d'alerte concernant le taux d'incidence est fixé à 250 pour 100.000 personnes et qu'actuellement de nombreux département franchissent celui-ci. La menace est donc claire: si la barre des 400 est dépassée dans certains départements, l'autorisation d'ouverture serait ainsi suspendue.

Troisième étape de ce plan: le 9 juin. À cette date, les bars, restaurants et salles de sport pourront rouvrir complètement. Le couvre-feu serait de nouveau décalé de 21 heures à 23 heures et le télétravail pourrait commencer à être assoupli. Le gouvernement prévoit de mettre en place un "pass sanitaire". Pour les salons professionnels (tout comme les rendez-vous sportifs ou les rendez-vous culturels), il s'agirait d'un outil clé pour assurer leur tenue, avec une capacité maximale de 5.000 personnes. Ce pass, qui précisera si le détenteur est vacciné ou testé négatif, pourrait permettre d'accueillir de nouveaux des touristes dans l'Hexagone. Une clientèle qu'espère les acteurs du tourisme mais aussi de nombreux commerçants, en particulier dans certains quartiers de la capitale.

Enfin, le 30 juin, le couvre-feu devrait être totalement levé et les jauges pour les établissements recevant du public mise de côté, tout en respectant les gestes barrières et la distanciation sociale.

Si l'exécutif affiche en cette fin avril un calendrier, il est toutefois martelé que celui-ci restera totalement dépendant de l'évolution de la situation sanitaire et des indicateurs. Une épée de Damoclès qui va encore peser de longs mois.

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