Simonetta perd la licence enfant Lanvin, mais gagne celle de Brunello Cucinelli

Alors que la société vendéenne CWF vient de lui rafler en ce début du mois de juin la licence enfant Lanvin, l’entreprise italienne d’habillement enfant, qui en juin 2017 a été repris par Isa Seta, une émanation du groupe Carisma qui produit des tissus pour d’importantes griffes de luxe, accueille un nouveau nom prestigieux du luxe dans son portefeuille de licences enfant. Simonetta a signé avec la maison Brunello Cucinelli un contrat de production d'une durée de six saisons renouvelable.


La licence Fay Junior de retour chez Simonetta - DR

« Le groupe Simonetta traverse une nouvelle phase de son histoire », indique à FashionNetwork.com l’administrateur délégué (l'équivalent du directeur général en Italie) Niccolò Monicelli, en poste depuis mai dernier après avoir officié près de 20 ans pour le cabinet de conseil Bain & Company.
 
Depuis juin 2017, le nouveau propriétaire a lancé un projet de relance basé sur trois points : le développement des licences de production pour des marques puissantes qui, outre Fendi, s'enrichit donc aujourd'hui de Brunello Cucinelli ; le renforcement des licences de marques qui confient aussi à Simonetta leur commercialisation, secteur où l'entreprise gère depuis trois saisons Balmain Junior et vient tout juste de récupérer Fay Junior, et enfin, l'essor de la marque propre Simonetta.
 
Pendant ce temps, Simonetta a vu Lanvin quitter son écurie, le contrat étant arrivé à échéance. L’entreprise a cependant élargi la licence de production de Balmain, en obtenant celle de la ligne consacrée au nouveau-né et « le succès de Fendi Junior se poursuit (toujours sa première marque en termes de ventes) : l’entreprise romaine croit beaucoup en la ligne enfant », soutient Niccolò Monicelli.


La présentation de la collection printemps-été 2020 de Pucci à l’occasion de Pitti Bimbo à Florence - DR
 
Pour Brunello Cucinelli, Simonetta est « en train de réaliser la production de l'automne-hiver 2019 qui sera livrée entre septembre et octobre, et cette semaine, nous livrons l’échantillon du printemps-été 2020 », a fait remarqué le nouvel administrateur délégué.
 
Niccolò Monicelli ne confirme pas le chiffre d'affaires de 21 millions d'euros pour l’exercice 2018 de Simonetta publié dans divers articles de la presse italienne, en rappelant que l’entreprise était techniquement en faillite quand elle a été relevée en 2017 par le groupe Carisma. Il concède seulement que, « par rapport à 2018, une sorte d'année zéro, où nous avons dû investir commercialement et reconstruire, nous terminerons 2019 avec une croissance de plus de 35 %. Si nous tenons compte du fait que la commercialisation de Cucinelli n’est pas encore à plein régime, nous serons à 40 % de croissance en 2019/20, le tout en ayant une marge intéressante ».
 
Tout en faisant appel à un nouveau directeur commercial doté d’une grande expérience dans la mode enfant, Nicola Fusillo, qui a rejoint la société en mars, Simonetta a augmenté son réseau d'agents et est désormais présente en Russie, au Moyen-Orient, au Royaume-Uni, en France, en Espagne, en Allemagne et au Japon. « Les caractéristiques des marques en licence sont très différentes, rappelle l’administrateur délégué. Emilio Pucci enregistre des ventes plus importantes au Moyen-Orient et au Royaume-Uni, Balmain est plus homogène sur tous les marchés, alors que Fay est une marque à 100% italienne. A part la Chine, marché où il faut s’insérer avec prudence et que nous regardons avec grand intérêt, nous sommes déjà présents sur les autres marchés clefs ou du moins sur le point d’y entrer ».

Traduit par Sonia Broyart

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