Zadig & Voltaire joue du "Girl Power" sur fond de mouvement "Me Too"

Petite victoire française à Chelsea : tandis que le ciel se dégageait enfin à Manhattan, Zadig & Voltaire a présenté une collection « Girl Power » survoltée, enflammée, avec un soupçon d'émancipation héritée du récent mouvement « Me Too ». L'idée forte de la collection, c'était cette façon dont les filles piochaient dans la garde-robe de leur petit copain, tout en apportant à chaque pièce une forme d'audace et d'effronterie.


Zadig & Voltaire - Automne-hiver 2018 - Prêt-à-porter féminin - New York - Instagram

Cet esprit d'insoumission était sensible même avant le défilé : un désordre indescriptible a accompagné l'arrivée de Naomi Watts, puis de Natalia Dyer, découverte dans la série à succès de Netflix Stranger Things. Ces dernières ont provoqué parmi les paparazzi une mêlée digne d'une finale du tournoi des Six Nations, à l'intérieur du Cedar Lounge, dans le quartier de Chelsea, à Manhattan. Sur chaque siège, un T-shirt était offert aux invités. Créé par la photographe italienne Micol Sabbadini autour de la Women's March qui a eu lieu au mois de mars dernier, celui-ci fait partie d'une collection capsule dont les bénéfices seront reversés à l'organisation « Every Mother Counts » (« Chaque mère compte »). 
 
Une fois le calme revenu, les mannequins sont apparus sur le podium, menés par une splendide femme blonde en combinaison de cuir - ouverte jusqu'à la taille, soutien-gorge apparent - suivie par une fêtarde en blouson de pilote en peau lainée trop grande, robe T-shirt et bas dentelle. Des vestes croisées à double boutonnage, empruntées à un amant et portées comme des mini-robes de cocktail - pour une silhouette dégingandée qui vient à point nommé. Tout était très stylé, mais jamais facile : une collection équilibrée et intelligente.
 
Les hommes de ce défilé mixte n'étaient pas plus timides : on retiendra surtout cette veste en tartan rouge, digne du guitariste d'un groupe de rock. Il y avait même un côté « Trash & Vaudeville » (du nom du magasin new-yorkais légendaire pour le mouvement punk et les contre-cultures, ndlr), avec de grands imprimés félins utilisés sur des robes, des bottines et des sacs de motard - qui auraient pu être ringards, mais non.
 
« Des vêtements masculins oui, mais avec une allure féminine », a consenti la directrice artistique de Zadig & Voltaire, Cecilia Bonstrom, juste avant qu'une foule de fans ne prenne d'assaut les coulisses de son défilé.

La créatrice suédoise, qui travaille pour la marque parisienne depuis une décennie, avait déjà été copieusement applaudie pour le parfum continental qu'elle a fait humer à l'Amérique : un défilé très réussi, qui réveille un peu la médiocre Fashion Week new-yorkaise.

Traduit par Paul Kaplan

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