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8 mars 2016
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Avoc : "Si nous devions tout pré-produire, nous ne ferions que des produits commerciaux"

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8 mars 2016

Le « ready to buy » et la refonte du calendrier suscitent le débat aussi auprès des jeunes créateurs, qui affrontent le marché dans un contexte différent par rapport aux grandes griffes. Les fondateurs et créateurs d’Avoc, Laura Do et Bastien Laurent, envisagent quant à eux de réorganiser leurs présentations. Ils expliquent leur démarche.

Laura Do et Bastien Laurent à la fin de leur premier défilé en janvier dernier - PixelFormula

 
FashionMag : Vous avez défilé pour la première fois à la Fashion Week de Paris en janvier dernier avec l’homme. Votre griffe, créée en 2014, est toute jeune. Comment vous positionnez-vous par rapport au débat sur la refonte du calendrier ?

Laura Do et Bastien Laurent : S’il y avait une Semaine de la Mode « hors genre », c’est là que nous défilerions ! Nous sommes en train de travailler en effet dans une direction qui dépasse la notion de genres. Nous proposons des pièces plus masculines, des pièces plus féminines et des pièces plus neutres. Se cantonner à l’unisexe est un discours réducteur.

En fait, il s’agit d’une seule collection créée à partir d’une même idée, de mêmes matières, etc. C’est pourquoi nous pensons réunir à l’avenir l’homme et la femme en un seul et unique défilé pendant les Fashion Weeks Homme de janvier et en juin, car cela nous donnera plus de temps pour vendre la collection.

FM : Que pensez-vous du concept « ready to buy » ?

LD et BL :
Pour une petite marque comme la nôtre, ce serait de la folie, déjà financièrement. Nous avons fait les calculs. Si nous devions produire notre collection avant de l’avoir vendue afin qu’elle arrive en boutique juste après le défilé, cela nous serait totalement impossible.

Par ailleurs, cette logique nous amènerait à limiter la dimension culturelle de notre travail. Si nous devions tout pré-produire, nous ne ferions que des produits commerciaux. On perdrait le discours qui nous permet d’exister en tant qu’Avoc, qui signifie « Architecture vestimentaire et ornement corporel ».

FM: En tant que jeune marque, comment percevez-vous cette frénésie du consommateur qui veut tout, tout de suite ?

LD et BL :
Il y a incontestablement une dynamique au moment du défilé. Surtout pour une marque comme la nôtre, nous avons constaté qu’un public plus large, situé en dehors de l’univers fashion, ne comprend pas les rythmes de la mode. Dans ce contexte, pourquoi ne pas lui proposer, comme le font déjà d’autres marques, une ou deux pièces de la collection juste après le défilé. Là, c’est jouable. Mais il faut trouver la bonne manière de le faire.

FM : Où en êtes-vous avec votre marque ? Vous avez combien de clients aujourd’hui ?

LD et BL :
Nous avons une dizaine de clients multimarques, essentiellement en France. A Paris, nous sommes aux Galeries Lafayette au Centre Commercial et à L'Exception. Nous sommes présents aussi en Asie, surtout au Japon. Nous avons eu plusieurs petites commandes à 2 000 ou 3 000 euros un peu partout dans le monde, mais nous nous sommes rendu compte que cela était trop dispersé et au final pas viable pour nous.

FM : Quelle est donc votre stratégie actuelle ?

LD et BL :
Avoc n’est pas une marque concept qui va exploser et retomber. Cela ne nous intéresse pas d’allumer des petites flammes à droite, à gauche. C’est une dépense d’énergie inutile. Nous souhaitons nous consolider et effectuer un travail de fond sur le long terme en nous concentrant sur nos principaux marchés avec de beaux distributeurs et un vrai public.

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