eBay poursuit Amazon, qui débaucherait ses meilleurs vendeurs

Après avoir accusé Amazon de débaucher ses vendeurs via sa messagerie au début du mois, l’entreprise californienne eBay porte aujourd’hui plainte contre la société de Jeff Bezos. Plainte qui porte moins sur le débauchage que sur le procédé employé par Amazon.


La plainte porte sur l'infiltration de la messagerie d'eBay par des équipes d'Amazon - Shutterstock

C’est donc pour ingérence institutionnelle, ainsi que fraude et violation des codes pénaux, commerciaux et professionnels de Californie, qu’eBay porte plainte, réclamant réparation pour les dommages subis. Amazon indique de son côté qu’une enquête interne a été ouverte, mais ne commente pas la démarche de son concurrent. Au cœur de l’affaire : l’outil de messagerie interne d’eBay

Cet outil, qui permet de communiquer avec les vendeurs du portail, aurait été infiltré par des employés d’Amazon pour démarcher les vendeurs tiers. Ce sont ainsi plus d’un millier de messages qui auraient été expédiés depuis des adresses IP liées à Amazon. Une opération qui, aux dires de la plainte déposée par eBay, aurait été mise en place par des cadres américains, britanniques, français, espagnols, italiens, australiens et singapouriens d’Amazon.

La concurrence pour séduire les vendeurs tiers n’est pas une nouveauté. Jadis connu pour ses ventes aux enchères, eBay repose désormais essentiellement sur ces vendeurs utilisant la place de marché comme simple outil. De son côté, Amazon travaille directement avec les marques, mais gagne en puissance sur les vendeurs tiers, qui pesaient au dernier trimestre plus de la moitié des ventes générées sur le portail. Des ventes sur lesquelles Amazon toucherait une commission de 15 %.

eBay vise pour l’exercice en cours sur des recettes allant de 10,75 à 10,85 milliards de dollars, contre les 10,9 à 11,1 milliards précédemment annoncés par la firme. En 2017, Amazon affichait de son côté 177,9 milliards de dollars de ventes, en hausse de 31 %, et 3 milliards de dollars de bénéfices nets.

Amazon voit depuis la rentrée se multiplier les polémiques l’entourant. Les sénateurs démocrates Elizabeth Warren et Bernie Sanders viennent tout récemment de lui réclamer des explications sur une vidéo de formation antisyndicale qui aurait été diffusée aux responsables de sa filiale Whole Foods Market. Côté industrie, l’American Apparel & Footwear Association (AAFA) a signalé Amazon Canada, Royaume-Uni et Allemagne comme étant des lieux facilitant « la vente de biens contrefaits ».

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