×
160
Fashion Jobs
PURE
Junior PR Account Manager
CDI · BRUXELLES
SB RECRUITMENT & SERVICES
District Manager – Electro - Belgique
CDI · BRUXELLES
SB RECRUITMENT & SERVICES
Key Account Manager Benelux – Wholesale - Fashion - Premium Luxe
CDI · ANVERS
L’ORÉAL GROUP
Key Account Manager - Luxe Division- Start Asap
CDI · Brussels
KIPLING
Digital Strategic Account Specialist Kipling Emea - Temporary Contract 6 Months
CDI · ANVERS
EASTPAK
Digital Strategic Account Specialist - Eastpak
CDI · ANVERS
SB RECRUITMENT & SERVICES
Marketing Manager – Fashion Retail – Bruxelles
CDI · BRUXELLES
PURE DIFFUSION BVBA
Account Manager
CDI · ANTWERPEN
SB RECRUITMENT & SERVICES
Junior Stock Allocator – Fashion Retail - Wauthier-Braine
CDI · WAUTHIER-BRAINE
SB RECRUITMENT & SERVICES
Retail Manager Benelux – Retail Fashion - Bruxelles
CDI · BRUXELLES
V. F. CORPORATION
Senior Treasury Analyst
CDI · BORNEM
PROJECT DISTRIBUTION
Junior Sales Representative
CDI · BRUXELLES
SANDRO
Human Resources Coordinator (Netherlands & Belgium) M/W H/F
CDI · BELGIUM AND NETHERLANDS
L’ORÉAL GROUP
Demand Planner Fmcg
CDI · Brussels
ATELIER VALENTINE AVOH
Stage en Communication
Stage · BRUXELLES
TENUE DE VILLE
Stage en Marketing/Communication
Stage · BRUXELLES
NATACHA CADONICI
Stagiaire Assistant/e Communication /E-Commerce
Stage · BRUXELLES
NATACHA CADONICI
Stagiaire Fashion Designer Assistant
Stage · BRUXELLES
SWAROVSKI
Store Manager Inno Brussel Rue Neuve (35 Hours)
CDI · BRUXELLES
INTIMISSIMI
Shop Assistant Intimissimi Bruxelles
CDI · BRUXELLES
ETREAC AGENCY
Conseillèr(e) en Vente de Produits Cosmétiques de Luxe
CDD · LIÈGE
ETREAC AGENCY
Beauty Consulent
CDD · ANVERS
Publicités

Robert Clergerie, figure passionnée de la chaussure française

Par
AFP
Publié le
today 8 déc. 2017
Temps de lecture
access_time 3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Paris, 8 déc 2017 (AFP) - Fils d'épicier devenu chausseur de stars, Robert Clergerie reste à 83 ans un nom emblématique du soulier français, revenu sauver de la faillite son usine, aujourd'hui l'une des dernières rescapées de la chaussure « Made in France ».

Robert Clergerie - Martin Bureau AFP


« Je suis venu très tard à la chaussure, à 37 ans. Mon père m'a élevé à la dure et j'ai travaillé de 14 à 24 ans dans son épicerie, avant de tailler la route aux Etats-Unis. Je suis revenu faire la guerre d'Algérie, puis j'ai occupé divers emplois qui ne me rendaient pas heureux », confie-t-il à l'AFP.

Le regard vif et tranchant derrière ses petites lunettes, il raconte comment sa grande histoire d'amour avec la chaussure a débuté grâce à une petite annonce : « Cherchons cadre forte pointure, pour prendre direction usine dans Vallée du Rhône, proche de mer et montagne ».

C'est le chausseur Charles Jourdan qui cherche un dirigeant pour une de ses usines. Il embauche Robert Clergerie. « Cette annonce a été la révélation de ma vie, j'ai arrêté de me ronger les ongles, j'étais enfin bien dans ma tête et dans ma peau », raconte-il à l'occasion de la sortie de Robert Clergerie, l'homme qui chaussait les femmes, sous la plume de la journaliste Camille Sayart, aux éditions Alisio.

Lorsqu'il démissionne en 1978, c'est pour reprendre l'usine Unic Fenestrier, une marque du groupe André sise à Romans-sur-Isère. Dans ce berceau de la chaussure française, Robert Clergerie lance à l'hiver 1981 une première collection à son nom : baptisés Paris, Paco et Palma, trois modèles plats et audacieusement ravis aux hommes rencontrent un succès immédiat.

« Ca été le déclic », concède Robert Clergerie. Il a visé juste, l'allure garçonne est dans l'air du temps. « Les années 1980 c'était l'âge d'or, le disco, la fête, une vraie effervescence », résume celui qui se définit comme « un artisan qui a senti comment évoluait la façon dont la femme s'habille ».

Robert Clergerie à Paris le 30 novembre 2017 - Martin Bureau AFP


De Lauren Bacall à Bianca Jagger en passant par Madonna, les plus grandes stars ont des Clergerie aux pieds. La marque s'exporte et la boutique historique rue du Cherche-Midi à Paris vend jusqu'à 11 000 paires par an.

Tout s'emballe, trop vite. Un rachat hasardeux, des cadres qui n'arrivent plus à tenir le rythme et mentent sur la trésorerie: soudain les banques ne suivent plus et il faut trouver de l'argent. On est en 1996, Robert Clergerie a 62 ans et se décide à vendre à un consortium d'investisseurs pour 59 millions de francs.

« Après la signature, je suis rentré chez moi, c'était la nuit, j'ai pleuré, j'ai vomi aussi. Ca ne me plaisait pas ce truc », raconte-il.

Il reste actionnaire (10 %) et directeur artistique de sa propre marque, qui se maintient mais change de mains. En 2001, Robert Clergerie prend sa retraite et assiste au déclin de l'industrie de la chaussure romanaise.

Ses concurrents Stéphane Kélian et Charles Jourdan mettent la clé sous la porte, et Clergerie glisse vers le même sort. Mais à trois jours du dépôt de bilan, en 2005, son fondateur met deux millions d'euros sur la table et rachète sa propre affaire. « J'avais 70 ans mais je m'emmerdais. Et ça me travaillait de voir que l'entreprise allait partir, je connaissais presque tout le personnel ».

« Le jour où je suis revenu à l'usine, c'était un lundi, les femmes pleuraient », se souvient Robert Clergerie, un petit sanglot dans la voix. « J'ai retrouvé une seconde jeunesse », résume-t-il. L'usine renaît de ses cendres sans toutefois renouer avec les succès passés.

A 77 ans, il prend sa retraite pour de bon après avoir revendu à RC Holdings, alliance entre un investisseur français et une famille hongkongaise, « les seuls à avoir proposé de garder l'usine à Romans ». « Clergerie a survécu, mais ce sont les derniers » à encore produire localement pour les 15 magasins en propre que compte la marque dans le monde. La société, qui appartient à First Heritage Brands, est aujourd'hui dirigée par Perry Oosting et s'appuie sur David Tourniaire-Beauciel à la direction artistique.

« Ca va faire cinq ans que je suis définitivement parti, je commence à me détacher maintenant, pas totalement mais quand même », résume Robert Clergerie avec une pointe d'amertume. « Car cette affaire, c'est comme une femme que j'ai aimée à la folie et maintenant c'est un autre qui est dans le lit. »

Par Katia Dolmadjian

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2019 Agence France-Presse
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.